CELLULES ET VIRUS
certain nombre de virus, en particulier dans celui du poliovirus et dans celui du
virus de la mosaïque du tabac. On parle d'acide nucléique infectieux.
L'existence d'acides nucléiques infectieux, les résultats d’expériences comme
celle de Hershey et Chase (p. 264), ou celle du mélange phénotypique (p. 270)
soulignent le rôle fondamental de l’acide nucléique du virion qui, en fait, constitue,
à lui seul, le lien qui relie toutes les manifestations du virus entre elles.
S22. LE VIRION, VECTEUR DE L'ACIDE NUCLEIQUE VIRAL
L’acide nucléique du virion est inerte. On n’observe, en effet, aucune duplication,
aucune transcription à son niveau. Le virion apparaît donc comme une « forme
d’attente » extracellulaire, permettant à l’acide nucléique du virus de subsister,
dans le milieu extracellulaire, le temps nécessaire pour qu’il soit amené au contact
d’une cellule possédant des récepteurs convenables. Il s’agit donc, aussi, d’une
« forme de transport » de l’information génétique virale.
Virus et information génétique 5.3.
53.1. INFORMATION GENETIQUE CONTENUE DANS UN ACIDE NUCLEIQUE VIRAL
L’information génétique contenue dans un acide nucléique ne peut, pour l’instant,
être évaluée qu’en ce qui concerne la synthèse des protéines.
On admet que trois nucléotides seulement sont nécessaires pour coder un acide
aminé dans une séquence peptidique. Or le nombre de nucléotides contenus
dans l’acide nucléique du virus est relativement bien connu dans un certain
nombre de cas. On sait, ainsi, que le phage T2 contient approximativement 200000
nucléotides, ce qui correspond à environ 70 000 acides aminés c’est-à-dire à plus
d’une centaine de protéines. Le virus grippal, comme d’ailleurs beaucoup de
virus à ARN, ne possède que 6 000 nucléotides, soit de quoi coder une dizaine
de protéines. Il existe même un virus qui ne possède que 1 600 nucléotides, ce qui ne
lui permet de coder que deux ou trois protéines.
533. INFORMATION VIRALE ET INFORMATION CELLULAIRE
L'information génétique virale introduite par infection peut supplanter, plus
ou moins complètement, l'information génétique autochtone. Elle peut, en outre,
être utilisée de façon plus ou moins complète par la cellule-hôte.
Le bactériophage T2 provoque une destruction précoce du chromosome bactérien,
donc la disparition de toute information cellulaire. Le métabolisme bactérien
normal cesse d'ailleurs peu après le début de l’infection. Une infection par les
phages Tl, T3 ouT7 laisse non seulement subsister le chromosome bactérien jusqu’à
un stade avancé du cycle, ainsi qu’un métabolisme bactérien à peu près normal,
mais encore l'intégrité du chromosome bactérien semble nécessaire au déroulement
du cycle viral.
La supplantation de l’information génétique cellulaire par celle contenue dans
l'acide nucléique viral est donc plus ou moins complète selon les virus. Le méca300
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