CONCLUSIONS
Prenons le cas du Poliovirus. Si celui-ci s’attaque seulement à certaines cellules
de la paroi de l’intestin (voie d’infection naturelle), il ne provoque qu’une
infection à peu près inapparente. Par contre, s’il s’attaque aux motoneurones
du bulbe et des cornes antérieures de la moelle épinière, il provoque les manifestations dramatiques de la paralysie poliomyélitique.
De telles variations dans les tropismes d’un virus sont fonction de la souche
virale en cause. Il existe ainsi des souches non neurotropes du poliovirus, que
l’on utilise pour immuniser contre le poliovirus en général et donc, en particulier,
contre les souches neurotropes (vaccins vivants du type Sabin).
La pathogénicité d’un virus dépend enfin de l’état de l’organisme et de son développement au moment de l’infection. Ainsi l’herpès, maladie se limitant généralement à des lésions limitées de la muqueuse buccale, puis de l’épiderme chez
l’enfant et l’adulte, se traduit, chez le nouveau-né, par une maladie généralisée,
très souvent mortelle. Quant à la varicelle, maladie classique due à un virus
voisin de celui de l’herpès, elle peut donner lieu à des formes encéphalitiques
très graves si elle est accompagnée d’un traitement par des hormones corticoïdes.
La pathogénicité des virus, bien que justifiant au moins en partie l’intérêt qu’on
leur porte, n’est en fait qu’une manifestation relativement secondaire de leur activité; elle traduit le dérèglement du fonctionnement cellulaire dû à l’infection virale.
Du point de vue de la biologie cellulaire, c’est la phase où tous les mécanismes
cellulaires fonctionnent encore de façon coordonnée qui paraît fondamentale et
la plus intéressante, puisqu’elle conduit à la formation de virions, c’est-à-dire
de structures relativement complexes.
...
Virus et virions
Le virion n’est qu’un des aspects revêtus par le virus. Nous avons vu, en effet,
qu’un phage tempéré, par exemple, peut se présenter au moins sous trois formes :
virion, phage végétatif et prophage.
5.2.1. CONSTITUANTS DU VIRION ET LEUR ROLE
On peut distinguer d’une part l’acide nucléique, d’autre part la capside et, éventuellement, l’enveloppe.
Capside et enveloppe ont un double rôle : la protection de l’acide nucléique
contre les atteintes du milieu extérieur et la fixation du virion sur les récepteurs
spécifiques de la cellule-hôte. Dans le cas des phages du type T, ces deux rôles
sont assumés par deux éléments distincts, la tête et la queue.
L’acide nucléique constitue l’élément essentiel, puisque lui seul est capable de
provoquer et de diriger le cycle viral et de permettre ainsi la formation de virions,
c’est-à-dire non seulement sa propre duplication, mais aussi la synthèse des protéines virales.
Il est d’ailleurs possible d'extraire cet acide nucléique du virion, de le purifier,
puis de l’introduire artificiellement dans une cellule et d’initier ainsi, moyennant
certaines précautions, un cycle viral complet. Ceci a été réalisé dans le cas d un
299
Prenons le cas du Poliovirus. Si celui-ci s’attaque seulement à certaines cellules
de la paroi de l’intestin (voie d’infection naturelle), il ne provoque qu’une
infection à peu près inapparente. Par contre, s’il s’attaque aux motoneurones
du bulbe et des cornes antérieures de la moelle épinière, il provoque les manifestations dramatiques de la paralysie poliomyélitique.
De telles variations dans les tropismes d’un virus sont fonction de la souche
virale en cause. Il existe ainsi des souches non neurotropes du poliovirus, que
l’on utilise pour immuniser contre le poliovirus en général et donc, en particulier,
contre les souches neurotropes (vaccins vivants du type Sabin).
La pathogénicité d’un virus dépend enfin de l’état de l’organisme et de son développement au moment de l’infection. Ainsi l’herpès, maladie se limitant généralement à des lésions limitées de la muqueuse buccale, puis de l’épiderme chez
l’enfant et l’adulte, se traduit, chez le nouveau-né, par une maladie généralisée,
très souvent mortelle. Quant à la varicelle, maladie classique due à un virus
voisin de celui de l’herpès, elle peut donner lieu à des formes encéphalitiques
très graves si elle est accompagnée d’un traitement par des hormones corticoïdes.
La pathogénicité des virus, bien que justifiant au moins en partie l’intérêt qu’on
leur porte, n’est en fait qu’une manifestation relativement secondaire de leur activité; elle traduit le dérèglement du fonctionnement cellulaire dû à l’infection virale.
Du point de vue de la biologie cellulaire, c’est la phase où tous les mécanismes
cellulaires fonctionnent encore de façon coordonnée qui paraît fondamentale et
la plus intéressante, puisqu’elle conduit à la formation de virions, c’est-à-dire
de structures relativement complexes.
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Virus et virions
Le virion n’est qu’un des aspects revêtus par le virus. Nous avons vu, en effet,
qu’un phage tempéré, par exemple, peut se présenter au moins sous trois formes :
virion, phage végétatif et prophage.
5.2.1. CONSTITUANTS DU VIRION ET LEUR ROLE
On peut distinguer d’une part l’acide nucléique, d’autre part la capside et, éventuellement, l’enveloppe.
Capside et enveloppe ont un double rôle : la protection de l’acide nucléique
contre les atteintes du milieu extérieur et la fixation du virion sur les récepteurs
spécifiques de la cellule-hôte. Dans le cas des phages du type T, ces deux rôles
sont assumés par deux éléments distincts, la tête et la queue.
L’acide nucléique constitue l’élément essentiel, puisque lui seul est capable de
provoquer et de diriger le cycle viral et de permettre ainsi la formation de virions,
c’est-à-dire non seulement sa propre duplication, mais aussi la synthèse des protéines virales.
Il est d’ailleurs possible d'extraire cet acide nucléique du virion, de le purifier,
puis de l’introduire artificiellement dans une cellule et d’initier ainsi, moyennant
certaines précautions, un cycle viral complet. Ceci a été réalisé dans le cas d un
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