CONCLUSIONS
nisme qui permet la suprématie de cet acide nucléique viral est encore très mal
connu.
L’information génétique du virus peut être utilisée à des degrés variables. Ainsi
pour le phage X, l’information est utilisée lorsque le phage est sous sa forme
végétative, tandis qu’elle est réprimée lorsqu’il est sous la forme de prophage.
La conversion lysogénique et la conversion tumorale par un virus comme le virus
SV 40 par exemple (p. 296), correspondent à un cas intermédiaire où l’utilisation de l’information n’est que partielle.
Les phages tempérés défectifs constituent un cas limite où l’information génétique
virale du prophage ne s’exprime plus que très partiellement, par l’immunité
vis-à-vis du phage tempéré non défectif correspondant; mais, même lorsqu’elle
n’est plus réprimée, c’est-à-dire lorsque le phage devient végétatif, cette information
s’exprime seulement par la synthèse de quelques protéines virales, comme l’endolysine par exemple. L’acide nucléique d’un tel phage défectif ne peut plus se
transmettre que par les processus habituels de transmission et d’échanges génétiques
bactériens. Il se comporte comme un gène léthal potentiel un peu particulier,
puisqu’il ne s’exprime que lorsqu’il se détache du chromosome bactérien. De tels
phages se retrouvent parmi les mutants de phages typiques (pouvant se présenter
sous la forme de virions), comme le phage X. Il s’agit donc bien de virus.
Un acide nucléique de ce genre se place à la limite entre un virus classique et un
organite cellulaire quelconque doué de continuité génétique.
On peut, par conséquent, considérer un virus comme un acide nucléique capable
de s’imposer à une cellule, possédant l’information nécessaire à sa propre reproduction et, parfois, celle qui est nécessaire à la synthèse et à l'assemblage d’éléments de protection (constituants du virion); ces constituants lui permettent de
séjourner temporairement dans le milieu extérieur et de passer à une nouvelle
cellule-hôte.
Virus, moyens d'étude de la cellule 5.4.
Les virus offrent, comme nous venons de le voir, un moyen très efficace, et par
là très commode, d’introduire une information génétique connue dans une
cellule. Ils permettent donc d’étudier le mécanisme de l’utilisation d'une information génétique quelconque par celle-ci.
Un virus peut par conséquent être considéré comme un outil remarquable pour
l’analyse du fonctionnement cellulaire.
C’est, d’ailleurs, dans cet esprit que débuta la grande époque de l'étude des phages
qui se poursuit encore actuellement. C’est en dehors de toute préoccupation
médicale ou bactériologique, que le phage fut considéré par des groupes de
recherche, comme un moyen d’étude des processus d'autoréplication des êtres
vivants; à ces groupes sont dues nos connaissances les plus précises sur le fonctionnement génétique de la cellule et l’essor de ce que l'on appelle actuellement
la biologie moléculaire.
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