CELLULES ET VIRUS
Les constituants du phage se dissocient ensuite et, durant quelques minutes,
aucune unité infectieuse, aucun virion, n’est décelable, même si l’on broie les
cellules. Ce phénomène correspond à la phase d'éclipse. Toute une série de phénomènes particulièrement importants se déroulent durant cette phase : mise en
place des mécanismes de synthèse des constituants viraux, synthèse de ces constituants, puis assemblage de ceux-ci en virions. L’apparition du premier virion
intracellulaire marque la fin de la phase d’éclipse.
Les virions se forment alors en grande quantité et, peu de temps après, on assiste
à une rupture de la paroi bactérienne (lyse bactérienne), qui libère les virions dans
le milieu. Il s’agit de la phase terminale du cycle viral, la phase de libération.
Nous étudierons successivement ces différentes phases.
Ui. ADSORPTION ET PENETRATION
Les mécanismes mis en jeu au cours de cette phase sont particulièrement complexes
et comportent au moins deux phases successives, la fixation du virion sur la paroi
bactérienne, puis la perforation de cette paroi.
Adsorption du bactériophage sur la bactérie-hôte
Cette adsorption est le résultat de l’interaction entre des protéines contenues dans
la queue du phage et des récepteurs situés dans la paroi bactérienne.
Récepteurs bactériens
On peut séparer artificiellement la paroi bactérienne du protoplasme qui s’arrondit
et donne, dans le cas d’F. coli, ce que l’on appelle un « sphéroplaste ». Les
phages ne se fixent que sur les parois bactériennes, même vides, et non sur les
sphéroplastes (fig. 149). Une bactérie comme E. coli peut fixer entre 200 et
300 virions de T2. Les récepteurs sont différents selon les phages.
La paroi bactérienne est constituée de trois couches distinctes : deux couches
externes, l’une lipoprotéique, l’autre lipopolysaccharidique et une couche interne
rigide mucoprotéique. Ce sont les deux couches externes qui contiennent les récepteurs des phages.
Les récepteurs des phages T2 et T6 sont situés dans la couche lipoprotéique, les
récepteurs de T3, T4 et T7 étant situés dans la couche lipopolysaccharidique.
Fixation du virion
Cette fixation s’effectue par l’intermédiaire des fibres et du plateau situés à l’extrémité de la queue du phage. Si l’on brise, en effet, des phages et que l’on mette
leurs débris en présence de bactéries sensibles, on constate que les queues, ou
même les fibres caudales isolées, se fixent sur elles, ce que ne font ni les têtes, ni
l’ADN.
Le début de la fixation est probablement réversible (1 fig. 150), c’est-à-dire que l’on
peut séparer phage et bactérie sans constater d’altérations de l'un comme de l'autre.
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