BACTÉRIOPHAGES
Parmi les phages s’attaquant à la bactérie Escherichia coli, une série de sept
phages différents Tl à T7 1 est très bien connue.
Ces sept virus constituent en fait deux groupes aux propriétés bien tranchées :
les T pairs (T2, T4 et T6) et les T impairs (Tl, T3, T5 et T7).
Les T pairs sont particulièrement intéressants, puisque leur ADN contient au lieu
de cytosine, une base particulière, l’hydroxymethyl-cytosine; celle-ci permet de
repérer commodément l’ADN viral.
Cet ADN se présente sous la forme d’une molécule longue d’environ 50 p. (fig. 147),
ce qui correspond approximativement à 200 000 nucléotides. Pour des raisons
génétiques2 on admet qu’il est sous la forme d’une boucle fermée, mais on
constate souvent l’ouverture de cette boucle; les deux extrémités de la molécule
sont alors visibles (fig. 147).
2.1.2. DÉNOMBREMENT DES VIRIONS: MÉTHODE DES PLAGES
Le dénombrement des particules est aisé grâce à la méthode des plages (fig. 148).
On mélange une dilution adéquate de la suspension du phage avec quelques gouttes
d’une suspension concentrée de bactéries-hôtes, dans de l’agar fluidifié à 45°, puis on coule
le mélange dans une boîte de Pétri sur une nappe d’agar nutritif et on ramène l’ensemble
à la température ordinaire. L’agar durcit, les boîtes de Pétri sont alors mises à 37° pour
l’incubation. Les bactéries non infectées se multiplient, tandis que les bactéries infectées
se lysent, ainsi que quelques bactéries voisines infectées secondairement, l’agar empêchant
l’infection de se généraliser à toutes les bactéries. On observe donc un tapis trouble formé
par toutes les bactéries non infectées et percé de plages claires correspondant aux bactéries
lysées. On dénombre les plages, chacune d’elles correspondant en principe à un virion.
On peut donc effectuer des mesures quantitatives très précises.
Cette méthode qui fait appel à une altération localisée dans l’espace d’un certain
nombre de cellules-hôtes, altération en principe induite au départ par un seul
virion, est très fréquemment utilisée en virologie.
Multiplication du bactériophage T2 dans Escherichia coli 2.2.
La multiplication du phage T2 dans E. coli peut être considérée à la fois comme
une multiplication dans un organisme complet (et, ce qui est mieux, dans l'hôte
naturel), et comme une multiplication dans des cellules isolées, avec tous les avantages que présente cette méthode.
2.2.1. DIFFERENTES ETAPES DE LA MULTIPLICATION
Comme toutes les bactéries, la bactérie-hôte est relativement isolée du milieu par
une série de barrières : paroi bactérienne, membrane cytoplasmique (voir p. 15).
Avant de se multiplier, le phage doit donc se fixer sur cette barrière complexe,
puis la franchir. Nous parlerons de phase d'adsorption et de pénétration.
1. T correspond à l’abréviation de Type.
2. Voir le volume « Génétique et évolution » dans cette même collection.
261
Parmi les phages s’attaquant à la bactérie Escherichia coli, une série de sept
phages différents Tl à T7 1 est très bien connue.
Ces sept virus constituent en fait deux groupes aux propriétés bien tranchées :
les T pairs (T2, T4 et T6) et les T impairs (Tl, T3, T5 et T7).
Les T pairs sont particulièrement intéressants, puisque leur ADN contient au lieu
de cytosine, une base particulière, l’hydroxymethyl-cytosine; celle-ci permet de
repérer commodément l’ADN viral.
Cet ADN se présente sous la forme d’une molécule longue d’environ 50 p. (fig. 147),
ce qui correspond approximativement à 200 000 nucléotides. Pour des raisons
génétiques2 on admet qu’il est sous la forme d’une boucle fermée, mais on
constate souvent l’ouverture de cette boucle; les deux extrémités de la molécule
sont alors visibles (fig. 147).
2.1.2. DÉNOMBREMENT DES VIRIONS: MÉTHODE DES PLAGES
Le dénombrement des particules est aisé grâce à la méthode des plages (fig. 148).
On mélange une dilution adéquate de la suspension du phage avec quelques gouttes
d’une suspension concentrée de bactéries-hôtes, dans de l’agar fluidifié à 45°, puis on coule
le mélange dans une boîte de Pétri sur une nappe d’agar nutritif et on ramène l’ensemble
à la température ordinaire. L’agar durcit, les boîtes de Pétri sont alors mises à 37° pour
l’incubation. Les bactéries non infectées se multiplient, tandis que les bactéries infectées
se lysent, ainsi que quelques bactéries voisines infectées secondairement, l’agar empêchant
l’infection de se généraliser à toutes les bactéries. On observe donc un tapis trouble formé
par toutes les bactéries non infectées et percé de plages claires correspondant aux bactéries
lysées. On dénombre les plages, chacune d’elles correspondant en principe à un virion.
On peut donc effectuer des mesures quantitatives très précises.
Cette méthode qui fait appel à une altération localisée dans l’espace d’un certain
nombre de cellules-hôtes, altération en principe induite au départ par un seul
virion, est très fréquemment utilisée en virologie.
Multiplication du bactériophage T2 dans Escherichia coli 2.2.
La multiplication du phage T2 dans E. coli peut être considérée à la fois comme
une multiplication dans un organisme complet (et, ce qui est mieux, dans l'hôte
naturel), et comme une multiplication dans des cellules isolées, avec tous les avantages que présente cette méthode.
2.2.1. DIFFERENTES ETAPES DE LA MULTIPLICATION
Comme toutes les bactéries, la bactérie-hôte est relativement isolée du milieu par
une série de barrières : paroi bactérienne, membrane cytoplasmique (voir p. 15).
Avant de se multiplier, le phage doit donc se fixer sur cette barrière complexe,
puis la franchir. Nous parlerons de phase d'adsorption et de pénétration.
1. T correspond à l’abréviation de Type.
2. Voir le volume « Génétique et évolution » dans cette même collection.
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