Cellules et virus
V
1. Généralités
Le terme de virus a été utilisé dès l’antiquité pour dénommer toutes sortes d'agents
nocifs et ce n’est que depuis la fin du siècle dernier qu’a commencé à se dégager,
puis à se préciser, la notion de virus au sens étroit où nous l’entendons actuellement.
Notion de virus, leur découverte 1.1
Vers 1880, on connaissait d’une part les bactéries, pathogènes ou non (c’est-à-dire
susceptibles d’entraîner une maladie ou non), et les poisons (substances chimiques
provoquant des désordres dans le fonctionnement des êtres vivants); bactéries
et poisons constituaient alors les virus.
Les bactéries pouvaient être caractérisées par leur taille appréciable et leur faculté
de se multiplier. Du fait de leurs dimensions, elles étaient visibles dans les microscopes de l’époque et étaient arrêtées par les filtres en usage.
Les poisons, au contraire, molécules de taille beaucoup plus petite, passaient à
travers ces filtres, mais ne se multipliaient pas.
Or Ivanovsky montra, en 1892, que la mosaïque du tabac était due à un agent
n’appartenant à aucune de ces deux catégories. Cet agent se multipliait dans le
plant de tabac après inoculation (il était infectieux), il n'était donc pas un poison,
mais il passait, comme ces derniers, à travers les filtres arrêtant les bactéries, il
s'agissait donc du représentant d’une nouvelle catégorie d'agents pathogènes,
comme le reconnut clairement peu d’années après Beijerinck.
On nomma ce nouvel agent un ultravirus : l'ultravirus de la mosaïque du tabac.
On découvrit rapidement qu'une série d'autres maladies étaient dues, elles aussi,
à des agents analogues et on précisa progressivement les caractéristiques de cette
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