MAÎTRISER LES ENJEUX SOCIAUX ET ÉCONOMIQUES
Cette nouvelle technique nécessitait l’achat d’écho-sondeurs, peu coûteux,
et de glacières portatives. Les pêcheurs se rendaient à Cotonou pour s’approvisionner en glace ; ils y vendaient aussi leur poisson frais.
Présentes aux réunions, les femmes n’avaient, avant le démarrage du projet,
soulevé aucune objection. La formation des pêcheurs à cette nouvelle technique
et l’opération commerciale qui a suivi ont été un succès technique et financier.
Au bout d’un certain temps, les femmes ont cependant réalisé que l’innovation leur était défavorable, puisque les hommes vendaient toute leur pêche à
Cotonou, rompant ainsi avec la tradition qui veut que les femmes des familles
de pêcheurs aient la priorité sur tout autre acheteur.
Certaines d’entre elles ont essayé de s’imposer sur le marché de Cotonou,
mais les nombreuses mareyeuses déjà en place les refoulaient et surtout elles
manquaient de capacité de transport.
Aussi les femmes ont-elles fait pression sur les pêcheurs pour qu’ils abandonnent la nouvelle technique et reviennent à la pêche traditionnelle, moins
lucrative mais dont elles maîtrisent la commercialisation à Adounko. Bien que
techniquement au point et économiquement rentable, le projet a failli échouer
à cause d’une mauvaise appréciation de l’organisation sociale traditionnelle du
travail entre les hommes et les femmes.
Les initiateurs ont été conduits à reconsidérer le rôle des femmes dans la
filière. Elles furent associées à la réflexion, il fut admis que pour qu’elles
puissent commercialiser à Cotonou, il fallait les aider à trouver une solution
pour le transport du poisson. Le projet a alors aidé les femmes à se constituer
en groupement et à trouver des capitaux pour développer leur activité de
commercialisation.
Cette expérience montre que la participation des populations directement
concernées par l’innovation n’est pas toujours suffisante et qu’il faut aussi tenir
compte de l’interdépendance des acteurs au sein de la filière. Il est souvent
nécessaire d’associer à la réflexion les groupes indirectement impliqués par le
projet.
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Cette nouvelle technique nécessitait l’achat d’écho-sondeurs, peu coûteux,
et de glacières portatives. Les pêcheurs se rendaient à Cotonou pour s’approvisionner en glace ; ils y vendaient aussi leur poisson frais.
Présentes aux réunions, les femmes n’avaient, avant le démarrage du projet,
soulevé aucune objection. La formation des pêcheurs à cette nouvelle technique
et l’opération commerciale qui a suivi ont été un succès technique et financier.
Au bout d’un certain temps, les femmes ont cependant réalisé que l’innovation leur était défavorable, puisque les hommes vendaient toute leur pêche à
Cotonou, rompant ainsi avec la tradition qui veut que les femmes des familles
de pêcheurs aient la priorité sur tout autre acheteur.
Certaines d’entre elles ont essayé de s’imposer sur le marché de Cotonou,
mais les nombreuses mareyeuses déjà en place les refoulaient et surtout elles
manquaient de capacité de transport.
Aussi les femmes ont-elles fait pression sur les pêcheurs pour qu’ils abandonnent la nouvelle technique et reviennent à la pêche traditionnelle, moins
lucrative mais dont elles maîtrisent la commercialisation à Adounko. Bien que
techniquement au point et économiquement rentable, le projet a failli échouer
à cause d’une mauvaise appréciation de l’organisation sociale traditionnelle du
travail entre les hommes et les femmes.
Les initiateurs ont été conduits à reconsidérer le rôle des femmes dans la
filière. Elles furent associées à la réflexion, il fut admis que pour qu’elles
puissent commercialiser à Cotonou, il fallait les aider à trouver une solution
pour le transport du poisson. Le projet a alors aidé les femmes à se constituer
en groupement et à trouver des capitaux pour développer leur activité de
commercialisation.
Cette expérience montre que la participation des populations directement
concernées par l’innovation n’est pas toujours suffisante et qu’il faut aussi tenir
compte de l’interdépendance des acteurs au sein de la filière. Il est souvent
nécessaire d’associer à la réflexion les groupes indirectement impliqués par le
projet.
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