ORGANISATION SOCIALE ET CONTRAINTES ÉCONOMIQUES
Au Kenya (10), autour du lac Victoria, des milliers de familles comptent sur
l’activité de la pêche pour assurer leur subsistance, soit dans la transformation
du poisson, soit dans son commerce ou son transport. Ici encore, les femmes,
responsables de la transformation et quelques fois de la vente, sont présentes
dès le débarquement du poisson. Certaines font parfois plus de 50 km pour se
rendre à la plage. Elles y restent de deux à cinq jours (dans des conditions
d’habitat très précaires, avec leurs enfants) pour réceptionner le poisson et
procéder au fumage.
Puis, il faut très vite se rendre au marché avant que les poissons fumés ne se
détériorent. Si l’autobus ou la camionnette tombe en panne, le chargement est
perdu. Certaines d’entre elles se sont groupées et fument leur poisson en
commun dans un four de grande taille construit dans un lotissement proche du
lac.
Cette répartition traditionnelle du travail entre l’homme pêcheur et la femme
transformatrice et commerçante n’est néanmoins pas vraie partout. Ainsi par
exemple dans la région de Mopti, au Mali, les femmes de pêcheurs ne commercialisent qu’une petite partie du poisson, généralement du poisson de deuxième
qualité. Les grosses quantités sont vendues par les hommes. Le partage des
revenus et des dépenses au sein de la famille (élargie aux frères, parents,
grands-parents, etc.) est décidé en commun, mais les femmes gardent quelques
revenus personnels. Voir le tableau 4, page ci-contre.
Les circuits de commercialisation
du poisson
L organisation de la commercialisation du poisson est très variable selon les
pays d Afrique. Elle peut être très dynamique comme très archaïque. La
demande peut porter majoritairement sur du poisson frais ou sur du poisson
transformé. La consommation peut être satisfaite par la production nationale ou
bien liée à des réseaux d’importation.
(10) Source : revue Le Courrier n° 129,1991.
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