ORGANISATION SOCIALE ET CONTRAINTES ÉCONOMIQUES
famille, elles décident de la répartition des bénéfices, financent l’activité des
pêcheurs, pourvoient à certains besoins de leur communauté.
En Afrique de l’Ouest, comme en Asie, 70 à 90 % des produits de la mer
sont ainsi commercialisés par les femmes.
Des pêcheurs polygames à Nyangano au Ghana (8)
Nyangano est une petite communauté de pêche où une vingtaine de femmes sont
responsables du fumage du poisson. Les rapports de polygamie sont à la fois socialement acceptés et économiquement nécessaires pour ces « fumeuses » car leur travail
dépend de leur lien avec un pêcheur. Seul le mariage avec un homme qui possède un
bateau assure un approvisionnement régulier en poisson. En échange, les transformatrices utilisent une partie des recettes tirées des ventes pour l'alimentation de la famille.
Le fumage du poisson est une activité familiale traditionnelle. Lorsque l’activité de
transformation marche bien et que les fonds sont plus importants, certaines femmes
prennent cependant le risque de se séparer du groupe et s'installent à leur compte. Elles
paient alors des manœuvres masculins pour certains travaux.
Au Sénégal (9), pour des raisons culturelles, le partage des tâches est aussi
très marqué. Les hommes s’occupent presque exclusivement de la capture du
poisson et les femmes interviennent dans toutes les opérations qui se déroulent
à terre : elles sont transformatrices, détaillantes, parfois même mareyeuses.
À la nuit tombée, elles se rendent sur la plage avec leurs bassines ou leurs
paniers et leur argent ; elles attendent l’arrivée de « leur » pirogue. Chacune
d’elle est liée à un pêcheur qui lui livre le poisson capturé. Parfois elles se
groupent pour acheter et traiter ensemble de plus grandes quantités. Les
techniques de salage, séchage et fumage sont traditionnelles. Près de 40 % du
poisson est ainsi transformé et vendu sur les marchés du pays ou exporté vers
d’autres pays d’Afrique.
En 1984, à M’Bour, sur 900 propriétaires de claies de séchage, 760 étaient
des femmes. Leurs conditions de travail sont rudimentaires et elles dépendent
de nombreux intermédiaires qui contrôlent les marchés et fixent les prix. En
effet, malgré l’importance de leur rôle, les femmes ne disposent ici ni de crédit,
ni de moyens de transport.
(8) Source : JeayA.-M., Rôle des femmes dans la préparation et la commercialisation du poisson
au Mali, 1977.
(9) Source : revue Communautés africaines n °25,1988.
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famille, elles décident de la répartition des bénéfices, financent l’activité des
pêcheurs, pourvoient à certains besoins de leur communauté.
En Afrique de l’Ouest, comme en Asie, 70 à 90 % des produits de la mer
sont ainsi commercialisés par les femmes.
Des pêcheurs polygames à Nyangano au Ghana (8)
Nyangano est une petite communauté de pêche où une vingtaine de femmes sont
responsables du fumage du poisson. Les rapports de polygamie sont à la fois socialement acceptés et économiquement nécessaires pour ces « fumeuses » car leur travail
dépend de leur lien avec un pêcheur. Seul le mariage avec un homme qui possède un
bateau assure un approvisionnement régulier en poisson. En échange, les transformatrices utilisent une partie des recettes tirées des ventes pour l'alimentation de la famille.
Le fumage du poisson est une activité familiale traditionnelle. Lorsque l’activité de
transformation marche bien et que les fonds sont plus importants, certaines femmes
prennent cependant le risque de se séparer du groupe et s'installent à leur compte. Elles
paient alors des manœuvres masculins pour certains travaux.
Au Sénégal (9), pour des raisons culturelles, le partage des tâches est aussi
très marqué. Les hommes s’occupent presque exclusivement de la capture du
poisson et les femmes interviennent dans toutes les opérations qui se déroulent
à terre : elles sont transformatrices, détaillantes, parfois même mareyeuses.
À la nuit tombée, elles se rendent sur la plage avec leurs bassines ou leurs
paniers et leur argent ; elles attendent l’arrivée de « leur » pirogue. Chacune
d’elle est liée à un pêcheur qui lui livre le poisson capturé. Parfois elles se
groupent pour acheter et traiter ensemble de plus grandes quantités. Les
techniques de salage, séchage et fumage sont traditionnelles. Près de 40 % du
poisson est ainsi transformé et vendu sur les marchés du pays ou exporté vers
d’autres pays d’Afrique.
En 1984, à M’Bour, sur 900 propriétaires de claies de séchage, 760 étaient
des femmes. Leurs conditions de travail sont rudimentaires et elles dépendent
de nombreux intermédiaires qui contrôlent les marchés et fixent les prix. En
effet, malgré l’importance de leur rôle, les femmes ne disposent ici ni de crédit,
ni de moyens de transport.
(8) Source : JeayA.-M., Rôle des femmes dans la préparation et la commercialisation du poisson
au Mali, 1977.
(9) Source : revue Communautés africaines n °25,1988.
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