ORGANISATION SOCIALE ET CONTRAINTES ÉCONOMIQUES
le grossiste et le commerçant. Les transporteurs-camionneurs sont organisés
en coopératives de transport.
Les femmes occupent une place prépondérante dans la filière. Elles sont très
bien organisées. Elles sont le plus souvent liées les unes aux autres par des
relations de cousinage ou ethniques. Elles forment un groupe très particulier et
très bien structuré dont nous reparlerons plus loin.
L’État et les administrations interviennent également : taxes, impôts, délivrance des patentes, contrôle des produits et des prix, etc.
Tandis que l’homme pêche,
la femme traite et vend
Observons à M’Bour, au Sénégal, une pirogue qui accoste sur la plage, près
du lieu où aura lieu la transformation.
Le videur décharge le poisson de la pirogue dans les paniers, le porteur-trieur
transporte les paniers jusqu’au lieu de braisage, d’autres manœuvres chargent
le four, épluchent, nettoient le poisson, pilent le sel...
À M’Bour, comme dans toute l’Afrique de l’Ouest, ces opérations sont
généralement dirigées par les femmes, responsables de la transformation et de
la vente du poisson. Le plus souvent, les femmes achètent le poisson, au
comptant ou à crédit. Elles peuvent aussi parfois prêter de 1 ’ argent aux pêcheurs.
Mais, même dans ce cas, leurs comptes sont généralement séparés. Cette activité
est souvent familiale : le mari pêche le poisson, la femme le traite et le
commercialise. Le couple peut établir des relations économiques avec d’autres
individus du groupe, par exemple prêter ou emprunter à d’autres personnes (7).
Au Ghana et au Togo les « mamies » poissonnières, dans de nombreuses
communautés de pêcheurs, sont la clé de voûte du système de traitement et de
commercialisation du poisson. À la tête de leur « entreprise » comme de leur
(7) Source : IDAF Newsletter n°7.juin 1987.
32
Précédent

- 32/289

Suivant