ORGANISATION SOCIALE ET CONTRAINTES ÉCONOMIQUES
La filière pêche :
une histoire séculaire
Le développement d’une activité n’est pas lié à l’évolution d’un seul élément,
mais à la combinaison d’une série de facteurs. L’histoire de la filière sénégalaise
est de ce point de vue exemplaire. Depuis toujours, le long des côtes, une activité
traditionnelle de pêche faisait vivre les pêcheurs et leurs familles qui approvisionnaient en poisson les agriculteurs proches.
Dès le XVIIe siècle, grâce à un meilleur équipement des pirogues (l’ajout de
voiles notamment), la pêche s’intensifie, la demande en poissons frais augmente, de même que le nombre de personnes impliquées dans les activités de
pêche, de transformation et de commercialisation du poisson.
C’est à la fin du XVIIe siècle qu’est créé le quartier de pêcheurs Guet N’dar,
où naîtront le cabotage et la spécialité de poisson sec des marins saint-louisiens.
Avec l’abolition de l’esclavage, l’économie change de visage et s’oriente
vers l’exportation de produits primaires destinés à l’Europe. La commercialisation s’organise et la transformation se développe à proximité des zones de
pêche. C’est à partir de Guet N’dar et de Rufisque que vont se développer les
courants d’échanges les plus importants.
Au début, la vente du poisson se limite aux villages échelonnés le long de la
voie ferrée qui relie Saint-Louis à Dakar. Les modes de conservation, le séchage
et la salaison, n ’exigent pas de technique complexe. Les femmes, qui s'occupent
de la vente et de la transformation du poisson, l’échangent contre du riz, du mil
et du sel, ou de l’argent.
Ce n’est qu’avec l’ouverture des routes bitumées (la première est ouverte en
1951), que le poisson pourra être commercialisé vers l’intérieur du pays. Une
contrainte majeure demeure cependant : l’absence de glace en dehors de Dakar.
Après l’indépendance, la modernisation des pirogues puis leur motorisation
progressive et l’utilisation de moyens de pêche de plus en plus performants
augmentent les rendements. La technique du kétiack (poisson braisé, séché et
salé), qui permet l’utilisation des invendus, se développe parallèlement à un
accroissement notable du mareyage.
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