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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Soit, mais le rédacteur du document que l’on imagine haut placé
dans la hiérarchie administrative retombe dans un défaut d’appréciation
lorsqu’il écrit :
Par contre, la vie économique et publique du pays n’est pas sérieusement
atteinte, et le calme ne cesse de régner, sous cet angle dans la mesure où le
FLN souhaitait un mouvement insurrectionnel, c’est un échec.
Le FLN n’a pas souhaité, ni pour ce 5 juillet 1956, ni en d’autres
occasions, un mouvement insurrectionnel de masse qu’il sait condamné
à l’échec. Cette grève qui avait valeur de test de son audience auprès
de la partie de la population musulmane la plus politisée est un succès.
Chacun se rendra à l’évidence que les menaces ont formé un puissant
levier de « persuasion ». Le FLN n’échappe pas à la logique de tout
mouvement révolutionnaire.
La révolution triomphera, mais en attendant les prolétaires paieront
la note. Quelques pages noires supplémentaires dans l’histoire de la
guerre d’Algérie... Les sanctions pleuvent contre les grévistes du
5 juillet.
Les premiers visés sont les fonctionnaires : traduction devant un
conseil de discipline de tous les titulaires absents sans motif valable,
et devant les tribunaux des titulaires n’ayant pas obéi aux ordres de
réquisition ; suspension ou licenciement des auxiliaires. On imagine les
conséquences de cette dernière mesure sur la vie d’une famille algérienne dont le chef est voué au chômage parce qu’il redoutait des
mesures de rétorsion de la part des nationalistes...
Les commerçants paient également, à leur manière, leur tribut à la
« grève patriotique ». Les magasins qui avaient fermé leurs portes...
sont refermés pour un mois ; cent quatre-vingts sont visés par des
arrêtés de fermeture.
Mesures voisines contre les débits de boissons et cafés maures : fermeture jusqu’à nouvel ordre ou retrait définitif des licences ; trois cents
cafés maures sont sanctionnés.
À Oran où les dockers ont débrayé à 100 %, l’embauche libre a été
décrétée.
Exécutions sommaires — Contre-terrorisme — Attentats
On annonce pour le 14 Juillet des « mesures de clémence », mais le
flot des récentes condamnations à mort et les arrêtés contre les grévistes
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