Du terrorisme à la répression
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des magasins musulmans sont saccagés et deux voitures sont retournées. Et une nouvelle « bavure » : à la suite d’une agression, le 28, une
patrouille de soldats « africains » fait feu sur des musulmans et en
atteint une vingtaine, sans que l’on sache exactement le nombre des
morts et des blessés.
L ’arme de la grève
Des incidents ont lieu le 5 juillet, au Marché Bamave à Alger où les
étalages des commerçants grévistes sont malmenés et pillés. Or la grève
du même jour, date anniversaire du débarquement des troupes françaises en Algérie, connaît une ampleur qui inquiète le gouvernement
général et la haute administration dans son ensemble. Le succès qu’elle
remporte n’est pas tellement étonnant si on le mesure aux efforts
déployés par le FLN : propagande intense par la voie orale, tracts, mots
d’ordre, menaces de toutes sortes ; soutien des syndicats algériens et du
Parti communiste algérien, ralliement du MNA au mouvement ;
contrôle sur le terrain de la bonne exécution des consignes par des
« groupes d’action » spécialement formés.
Les services du gouvernement général considèrent que « les résultats
obtenus sont spectaculaires et [que] les partis nationalistes peuvent les
considérer comme un test de leur pouvoir sur les masses, et les interpréter [mais ce diagnostic sera démenti par les faits] comme une bonne
répétition de grève générale insurrectionnelle27 ».
Les arrêts de travail n’ont pas été suivis avec une égale ampleur sur
l’ensemble du territoire algérien ; dans des proportions massives à
Alger, mais beaucoup plus faiblement dans les départements d’Oran et
de Constantine. Si le mot d’ordre a produit plus d’effets dans le secteur
privé que dans le secteur public, Alger et la Kabylie font exception,
dans la mesure où les agents de l’Administration ont été nombreux à
s’y conformer,
Un certain nombre de commerçants et d’industriels européens d’Alger employant une majorité de personnels musulmans ont jugé bon de
ne pas ouvrir leurs établissements.
En conclusion, commente un document officiel28, la réussite du mouvement
constitue un succès pour les méthodes employées [souligné dans le texte
d’origine]. La population musulmane suit les consignes dans une très large
mesure, par la crainte de représailles implacables [souligné par nous].
Ayant à choisir entre les sanctions de la Justice et de 1 administration ou
celles du FLN, souligne avec pertinence le même observateur des événements,
chacun opte pour le moindre mal.
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des magasins musulmans sont saccagés et deux voitures sont retournées. Et une nouvelle « bavure » : à la suite d’une agression, le 28, une
patrouille de soldats « africains » fait feu sur des musulmans et en
atteint une vingtaine, sans que l’on sache exactement le nombre des
morts et des blessés.
L ’arme de la grève
Des incidents ont lieu le 5 juillet, au Marché Bamave à Alger où les
étalages des commerçants grévistes sont malmenés et pillés. Or la grève
du même jour, date anniversaire du débarquement des troupes françaises en Algérie, connaît une ampleur qui inquiète le gouvernement
général et la haute administration dans son ensemble. Le succès qu’elle
remporte n’est pas tellement étonnant si on le mesure aux efforts
déployés par le FLN : propagande intense par la voie orale, tracts, mots
d’ordre, menaces de toutes sortes ; soutien des syndicats algériens et du
Parti communiste algérien, ralliement du MNA au mouvement ;
contrôle sur le terrain de la bonne exécution des consignes par des
« groupes d’action » spécialement formés.
Les services du gouvernement général considèrent que « les résultats
obtenus sont spectaculaires et [que] les partis nationalistes peuvent les
considérer comme un test de leur pouvoir sur les masses, et les interpréter [mais ce diagnostic sera démenti par les faits] comme une bonne
répétition de grève générale insurrectionnelle27 ».
Les arrêts de travail n’ont pas été suivis avec une égale ampleur sur
l’ensemble du territoire algérien ; dans des proportions massives à
Alger, mais beaucoup plus faiblement dans les départements d’Oran et
de Constantine. Si le mot d’ordre a produit plus d’effets dans le secteur
privé que dans le secteur public, Alger et la Kabylie font exception,
dans la mesure où les agents de l’Administration ont été nombreux à
s’y conformer,
Un certain nombre de commerçants et d’industriels européens d’Alger employant une majorité de personnels musulmans ont jugé bon de
ne pas ouvrir leurs établissements.
En conclusion, commente un document officiel28, la réussite du mouvement
constitue un succès pour les méthodes employées [souligné dans le texte
d’origine]. La population musulmane suit les consignes dans une très large
mesure, par la crainte de représailles implacables [souligné par nous].
Ayant à choisir entre les sanctions de la Justice et de 1 administration ou
celles du FLN, souligne avec pertinence le même observateur des événements,
chacun opte pour le moindre mal.
