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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
précis, malgré l’aspect macabre de cette précision, le cas de Layadi
Ahmed... Auteur d’un attentat à la grenade, commis le dimanche de
Pâques précédent à Mamia, dans un cinéma — il y eut quatre morts et
plus de vingt blessés —, il avait été condamné à mort par le tribunal
militaire d’Oran. La grâce lui ayant été refusée * ,
il est guillotiné le
3 juillet. Dans les « papiers » du GG, ce commentaire prudent et
empreint de soulagement, car on pense certainement aux précédents de
Zabana et Ferradj : « A la suite de cette exécution capitale, aucune
réaction du FLN n’a été enregistrée. »
* Le droit de grâce appartient, dans la Constitution de la IVe République, au président de la République et, dans le cas de l’Algérie, s’exerce après consultation du ministre résidant et du ministre de
la Justice. L’image d’un président soliveau, s’agissant du droit de grâce, est fausse. Sous des dehors
bonhommes, René Coty, comme Vincent Auriol avant lui, fut très attentif à tous les cas qui lui étaient
soumis.
Également condamnés à mort en juillet 1956, Amour Ahmed et Boudieb Adda qui avaient mitraillé la foule, tué trois personnes et en
avaient blessé six, le 24 juin, à Aïn-Temouchent. Aldouni Mohamed
et ses sept complices subissent le même sort comme responsables de
l’assassinat, en mai, de trois Européens retrouvés égorgés, les membres
de la famille Valero — les assassinats collectifs ne sont pas rares —,
de Mme Otero et de M. Amad.
Le double mouvement des représailles est devenu l’habitude... A des
exécutions capitales répondent des bombes du FLN qui d’ailleurs n’attend pas ce genre d’événement pour se manifester ; puis aux assassinats
nationalistes, individuels ou collectifs, succèdent les propres mesures
de l’armée, ou de groupes civils européens. C’est le phénomène bien
connu de l’engrenage mis en marche pendant la Seconde Guerre mondiale. Il se complique de l’apparition du contre-terrorisme qui n’a pas
fini de provoquer des dégâts et de faire des victimes. À Alger, on met
sur le compte d’extrémistes européens une série d’attentats au plastic
contre l’huilerie de la famille Tamzali, le car du transporteur Menia, le
kiosque du photographe Bellidam et le siège de l’Union Générale des
Travailleurs Algériens (UGTA), proche de la CGT.
Le 7 juillet, à Boufarik, des événements très graves surviennent après
l’assassinat d’un boulanger, M. Aliu. Des parachutistes tirent au hasard
sur des passants, tuant huit musulmans et une Européenne, puis ils
incendient deux magasins et un bain maure. Emotion, très forte,
annonce-t-on, dans la population musulmane, mais ce qu’on ne dit pas
est également du domaine de l’évidence : assurance de nouvelles
recrues pour le FLN.
Juillet s’achève avec une nouvelle manifestation de colère : à l’Alma,
où M. Garcia a été assassiné le 25, le lendemain, pendant ses obsèques,
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