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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Mais il n’a pas échappé à l’état-major comme au gouvernement général que ce début d’amélioration, bien timide, sur le plan militaire, se
double d’une « recrudescence du terrorisme urbain ». C’est le début
d’une nouvelle stratégie du FLN qui porte la guerre dans les villes
algériennes avec tout ce que cela comporte de massacres de civils. Une
nouvelle page noire est ouverte dans le drame algérien, bien que des
signes avant-coureurs aient été perceptibles. Le combat nationaliste ne
se contente plus de tendre des embuscades ou d’assassiner des colons.
La terreur traque le passant dans une rue ou le consommateur d’un bar,
frappe un enfant ou un vieillard. L’Algérie s’aligne sur la Tunisie et
surtout le Maroc dont l’indépendance fut arrachée à coups de bombes
nichées dans des couffins, et d’exécutions individuelles.
C’est alors que vont revenir à la mémoire des Européens d’Algérie
des actes meurtriers dont ils se croyaient protégés. Les bombes d’Alger
exploseront en écho de celles de Casablanca ou d’ailleurs... Au reste,
les dates apportent la preuve que, contrairement à ce qui a été dit, par
ignorance ou mauvaise foi, les premiers attentats à l’explosif en Algérie
n’ont pas été le fait des activistes de l’antiterrorisme.
Dans la semaine du 9 au 15 juin, grenades et bombes explosent à
Constantine et à Tlemcen... Vingt-cinq blessés à Constantine pour cinq
attentats ; à Tlemcen, dans cette Oranie jusqu’alors à peu près épargnée,
trois tués et dix-huit blessés pour quatre attentats. Mais Bône, AïnBeida, Biskra, Sétif, Alger et Blida ne sont pas épargnés.
Ces actions terroristes dans les centres urbains sont, au mois de juin
1956, par leur ampleur un phénomène inquiétant. Mais en Kabylie, au
même moment et aux abords de la Soummam, l’action des rebelles se
manifeste par ce que, en termes militaires, on désigne comme « un
raidissement ». Et ce « raidissement » se concrétise, indique le bulletin
de l’état-major mixte, par « un effort systématique contre nos autodéfenses ». Des attaques « contre tout ce qui touche les SAS, harcèlement
de villages ralliés », mais aussi et surtout « expédition punitive contre
un village en instance de ralliement qui vient d’avoir vingt-deux de ses
habitants égorgés, tandis que les maisons étaient brûlées ». Un exemple
parmi d’autres des méthodes de l’ALN pour punir des villageois tentés
par un ralliement à la France. Ralliement prend d’ailleurs un sens insolite sur une terre que l’on croyait à jamais française...
En somme, du côté de la rébellion, on ne cherche que rarement à
convaincre. La loi, c’est d’abord la force, avec comme instrument la
terreur.
Et le chroniqueur de l’état-major d’observer avec une certaine candeur : « C’est notre système de pacification qui est directement visé... »
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Mais il n’a pas échappé à l’état-major comme au gouvernement général que ce début d’amélioration, bien timide, sur le plan militaire, se
double d’une « recrudescence du terrorisme urbain ». C’est le début
d’une nouvelle stratégie du FLN qui porte la guerre dans les villes
algériennes avec tout ce que cela comporte de massacres de civils. Une
nouvelle page noire est ouverte dans le drame algérien, bien que des
signes avant-coureurs aient été perceptibles. Le combat nationaliste ne
se contente plus de tendre des embuscades ou d’assassiner des colons.
La terreur traque le passant dans une rue ou le consommateur d’un bar,
frappe un enfant ou un vieillard. L’Algérie s’aligne sur la Tunisie et
surtout le Maroc dont l’indépendance fut arrachée à coups de bombes
nichées dans des couffins, et d’exécutions individuelles.
C’est alors que vont revenir à la mémoire des Européens d’Algérie
des actes meurtriers dont ils se croyaient protégés. Les bombes d’Alger
exploseront en écho de celles de Casablanca ou d’ailleurs... Au reste,
les dates apportent la preuve que, contrairement à ce qui a été dit, par
ignorance ou mauvaise foi, les premiers attentats à l’explosif en Algérie
n’ont pas été le fait des activistes de l’antiterrorisme.
Dans la semaine du 9 au 15 juin, grenades et bombes explosent à
Constantine et à Tlemcen... Vingt-cinq blessés à Constantine pour cinq
attentats ; à Tlemcen, dans cette Oranie jusqu’alors à peu près épargnée,
trois tués et dix-huit blessés pour quatre attentats. Mais Bône, AïnBeida, Biskra, Sétif, Alger et Blida ne sont pas épargnés.
Ces actions terroristes dans les centres urbains sont, au mois de juin
1956, par leur ampleur un phénomène inquiétant. Mais en Kabylie, au
même moment et aux abords de la Soummam, l’action des rebelles se
manifeste par ce que, en termes militaires, on désigne comme « un
raidissement ». Et ce « raidissement » se concrétise, indique le bulletin
de l’état-major mixte, par « un effort systématique contre nos autodéfenses ». Des attaques « contre tout ce qui touche les SAS, harcèlement
de villages ralliés », mais aussi et surtout « expédition punitive contre
un village en instance de ralliement qui vient d’avoir vingt-deux de ses
habitants égorgés, tandis que les maisons étaient brûlées ». Un exemple
parmi d’autres des méthodes de l’ALN pour punir des villageois tentés
par un ralliement à la France. Ralliement prend d’ailleurs un sens insolite sur une terre que l’on croyait à jamais française...
En somme, du côté de la rébellion, on ne cherche que rarement à
convaincre. La loi, c’est d’abord la force, avec comme instrument la
terreur.
Et le chroniqueur de l’état-major d’observer avec une certaine candeur : « C’est notre système de pacification qui est directement visé... »
