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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
résultats satisfaisants à l’état-major et à l’autorité civile. Il est rédigé
après une tournée d’inspection, alors que viennent de se produire une
série d’embuscades, dont les plus meurtrières, à Djidjelli et à Cherchell,
contre des convois motorisés23 :
L’agressivité des rappelés — ou même d’appelés métropolitains sous les
ordres d’officiers de réserve, agressivité nécessaire pour le combat corps à
corps et l’embuscade, ne peut être que médiocre, voire inexistante à
l’origine [...].
[...] L’entraînement de la troupe au combat individuel, au combat de nuit,
à la patrouille semble, dans bien des cas, insuffisant. L’accoutumance [l’auteur
se réfère à un officier supérieur dont il ne cite pas le nom] est beaucoup plus
à craindre que le fellagha. Accoutumance, cela signifie paresse et souvent
ignorance des conditions élémentaires de sécurité.
La totalité de nos pertes résulte d’embuscades sur convois motorisés. Les
motorisés ne savent ni s’éclairer, ni se défendre. C’est aux échelons inférieurs
à le leur apprendre, aux échelons supérieurs à exiger cette instruction...
Manque d’« agressivité », « paresse » des rappelés ou des appelés ?
A ces mots stupides et insultants répondent quelques chiffres du même
gouvernement général : 288 d’entre eux seront « tués au combat », 537
blessés et 22 portés disparus en six mois, de janvier à juin 1956. Des
chiffres auxquels s’ajouteront des « pertes pour autres causes » pendant
la même période : 133 morts et 585 blessés.
Pour les mois de mai 1956, le gouvernement général fixe à... 2 106
le nombre des « attentats et des agressions » et à 2 079 en juin.
On ne reprochera pas, en tout cas, aux militaires de ne pas s’être
intéressés aux fellaghas qui ont tué et mutilé — encore qu’il ne soit pas
certain qu’ils en soient responsables, l’intervention des villageois
n’étant pas exclue — les rappelés de Palestro. Les traces du chef de
bande Ali Khodja ayant été relevées, la chasse lui est immédiatement
donnée. Ce Khodja n’est pas un inconnu de l’armée française, pas plus
d’ailleurs que de l’ALN qui a commencé à prendre ses distances avec
ce tueur patenté. Sergent de l’armée française à qui il a faussé compagnie en emportant un stock d’armes, il a installé un maquis dans le
djebel Bouzegza et a lancé une série d’expéditions criminelles. Le
25 février 1956, à Sakamody, il s’attaque à un car de voyageurs et à
deux voitures particulières qui sont mitraillés. Six hommes, une femme
et une petite fille de sept ans, nommée Françoise Salle, sont tués ; un
autre enfant, blessé, devra être amputé d’une jambe.
Pour l’heure, à Palestro, c’est à la 10e DP du général Massu qu’échoit
la mission de mettre hors de nuire Ali Khodja et sa bande. Arrivant à
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
résultats satisfaisants à l’état-major et à l’autorité civile. Il est rédigé
après une tournée d’inspection, alors que viennent de se produire une
série d’embuscades, dont les plus meurtrières, à Djidjelli et à Cherchell,
contre des convois motorisés23 :
L’agressivité des rappelés — ou même d’appelés métropolitains sous les
ordres d’officiers de réserve, agressivité nécessaire pour le combat corps à
corps et l’embuscade, ne peut être que médiocre, voire inexistante à
l’origine [...].
[...] L’entraînement de la troupe au combat individuel, au combat de nuit,
à la patrouille semble, dans bien des cas, insuffisant. L’accoutumance [l’auteur
se réfère à un officier supérieur dont il ne cite pas le nom] est beaucoup plus
à craindre que le fellagha. Accoutumance, cela signifie paresse et souvent
ignorance des conditions élémentaires de sécurité.
La totalité de nos pertes résulte d’embuscades sur convois motorisés. Les
motorisés ne savent ni s’éclairer, ni se défendre. C’est aux échelons inférieurs
à le leur apprendre, aux échelons supérieurs à exiger cette instruction...
Manque d’« agressivité », « paresse » des rappelés ou des appelés ?
A ces mots stupides et insultants répondent quelques chiffres du même
gouvernement général : 288 d’entre eux seront « tués au combat », 537
blessés et 22 portés disparus en six mois, de janvier à juin 1956. Des
chiffres auxquels s’ajouteront des « pertes pour autres causes » pendant
la même période : 133 morts et 585 blessés.
Pour les mois de mai 1956, le gouvernement général fixe à... 2 106
le nombre des « attentats et des agressions » et à 2 079 en juin.
On ne reprochera pas, en tout cas, aux militaires de ne pas s’être
intéressés aux fellaghas qui ont tué et mutilé — encore qu’il ne soit pas
certain qu’ils en soient responsables, l’intervention des villageois
n’étant pas exclue — les rappelés de Palestro. Les traces du chef de
bande Ali Khodja ayant été relevées, la chasse lui est immédiatement
donnée. Ce Khodja n’est pas un inconnu de l’armée française, pas plus
d’ailleurs que de l’ALN qui a commencé à prendre ses distances avec
ce tueur patenté. Sergent de l’armée française à qui il a faussé compagnie en emportant un stock d’armes, il a installé un maquis dans le
djebel Bouzegza et a lancé une série d’expéditions criminelles. Le
25 février 1956, à Sakamody, il s’attaque à un car de voyageurs et à
deux voitures particulières qui sont mitraillés. Six hommes, une femme
et une petite fille de sept ans, nommée Françoise Salle, sont tués ; un
autre enfant, blessé, devra être amputé d’une jambe.
Pour l’heure, à Palestro, c’est à la 10e DP du général Massu qu’échoit
la mission de mettre hors de nuire Ali Khodja et sa bande. Arrivant à
