Du terrorisme à la répression
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pénétration plus profonde dans un terrain très difficile, ce qui constitue une
imprudence manifeste. Poursuivant vers l’ouest, il rejoignit la piste Turque
pour se rabattre vers ouled djerrah. La piste dominée sur sa gauche, étroite
et entourée de haies, aboutit au village par un col en V surmonté de rochers.
C’est à cet endroit que fut saisi le détachement. Des traces de sang, de nombreuses douilles montrent qu’il fut attaqué de tête et de flanc sur une assez
grande distance, 150 mètres environ.
On saura plus tard que le sous-lieutenant Artur et son radio tombèrent
les premiers. Artur avait écrit à ses parents, deux jours avant son arrivée
à Palestro et deux jours avant sa mort, une lettre inachevée dans laquelle
il laissait éclater son optimisme : « Quelle vie excitante et merveilleuse,
nous devons protéger les douars et c’est la nuit que les fellaghas les
visitent... »
L’un de ses compagnons de malheur allait plus loin dans le lyrisme
et l’enthousiasme : « Comme ce serait bon de passer ses vacances ici ! »
Le général Gouraud annonçait des sanctions disciplinaires contre les
responsables impliqués dans le drame.
Dans une note qu’il adressait le 20 mai au général Lorillot, le général Noguez, commandant la division d’Alger qui y joignait le rapport
du général Gouraud, tirait les conclusions de l’embuscade et écrivait
dans le dernier paragraphe :
Cette affaire malheureuse doit nous confirmer dans les précautions et la
prudence avec lesquelles doivent être utilisés les Bataillons de rappelés qui
viennent de nous être confiés. Officiers et Troupes de ces unités doivent
comprendre le climat et vivre l’ambiance de la situation. Leur instruction,
chaque fois que possible, doit être poussée ; il faut, même au-delà des quinze
jours de « reprise en main » pour ceux qui ont eu la chance d’en bénéficier,
qu’à tous les échelons, Commandants de Sous-Secteurs, Chefs de Bataillons,
Commandants de Compagnies et Chefs de Sections ne cessent de songer à ces
faiblesses de l’instruction et profitent de tous les instants pour la parfaire.
Nous n’atteindrons un bon rendement et n’aurons le minimum de pertes qu’à
ce prix.
Vœu pieux formulé dans les bureaux d’un état-major... Il aura fallu
le sacrifice des rappelés de Palestro pour mesurer l’insuffisance de formation de garçons qu’on lançait dans l’enfer algérien avec autant de
cynisme que d’incompétence. Ce sera l’un des chapitres les plus noirs
de la guerre d’Algérie.
Un document émanant du gouvernement général corroborera... sept
mois plus tard, en décembre 1956, ces remarques d’une évidence aveuglante du général Noguez. Sept mois plus tard, ce qui tendra à démontrer que la formation des rappelés est alors encore loin de donner des
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