Du terrorisme à la répression
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bué à déstabiliser la situation : brusque remplacement du lieutenantcolonel Fossey-François, appelé à quitter ses fonctions le 1er mai, par
le lieutenant-colonel Hargous, mais celui-ci est à peine à pied d’œuvre
qu’il est, le jour même !, affecté à un autre commandement ; le lieutenant-colonel Couvres lui succède, mais sans avoir eu le temps de recevoir les consignes adéquates. Et Dieu sait s’il en aurait eu besoin...
Le groupe chargé du sous-secteur est effectivement le 2e bataillon du
9e régiment d’infanterie coloniale. Composé de rappelés, il a débarqué
à Beni-Amrane le 4 mai et « mis à l’instruction », ce qui veut tout dire
sur son inexpérience, en attendant de relever un autre groupe qui avait
en charge de garder les Gorges de Palestro. Mais le groupe en question
doit interrompre la « remise en condition » du II/9e RIC, le 14 mai,
« par suite d’un ordre impératif de la division d’Alger ». « Le II/9e RIC,
notera le général Gouraud, avait fait bonne impression. Il comprenait
en particulier un noyau de sept officiers d’active », mais était-il au fait
des conditions du combat en Algérie ? Le général Gouraud ne le dit
pas, même s’il ajoute que « le commandant Chabot, commandant le
bataillon, était au courant de la situation délicate au point de vue politique dans la région des Gorges de Palestro. Il avait en particulier appelé
l’attention de ses commandants de compagnie sur la nécessité de ne
sortir au début qu’avec prudence de façon à parfaire l’entraînement »...
Le 17 au soir, le sous-lieutenant Artur qui commande le poste de la
Maison Cantonnière demande au lieutenant Poinsignon, officier d’active, et qui a sous ses ordres la 6e compagnie — Artur lui-même est à
la tête de la lre section —, l’autorisation de partir en reconnaissance à
Ouled Bou Lammou. Poinsignon hésite, longuement, puis se laisse fléchir : « D’accord, mais soyez prudents, surtout au retour... »
Le sous-lieutenant Artur n’est pas « n’importe qui »... Candidat à
l’agrégation de philosophie, âgé de trente ans, il a déjà une bonne
connaissance de l’Afrique du Nord ; officier de réserve, il a été rappelé
à sa demande. Rien d’un foudre de guerre ni, donc, d’une tête folle ou
d’un aventurier, mais « très allant et dynamique, écrira le général Gouraud, il avait été conquis par l’œuvre de pacification à entreprendre et
avait fait un excellent travail, visitant les villages de Ouled Hini et
Ouled Bou Dabmane où il avait été bien reçu... » Le sous-lieutenant
Artur n’est pas l’exception. Ils sont nombreux qui, comme lui, croient
en l’avenir d’une Algérie pacifiée mais fraternelle.
Le sous-lieutenant Artur et ses hommes — vingt, dont deux sousofficiers — se mettent en route au lever du jour, ce 18 mai. A 9 h jO,
ils préviennent Poinsignon qu'ils ont atteint les Ouled Bou Dabmane.
Artur trouve un guide, mais la radio de la section marche mal, puis
n'émet plus. Désormais, c'est le silence, et le lieutenant Poinsignon
s'inquiète. Vers midi, toujours sans nouvelles, il décide de partir a\ec
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bué à déstabiliser la situation : brusque remplacement du lieutenantcolonel Fossey-François, appelé à quitter ses fonctions le 1er mai, par
le lieutenant-colonel Hargous, mais celui-ci est à peine à pied d’œuvre
qu’il est, le jour même !, affecté à un autre commandement ; le lieutenant-colonel Couvres lui succède, mais sans avoir eu le temps de recevoir les consignes adéquates. Et Dieu sait s’il en aurait eu besoin...
Le groupe chargé du sous-secteur est effectivement le 2e bataillon du
9e régiment d’infanterie coloniale. Composé de rappelés, il a débarqué
à Beni-Amrane le 4 mai et « mis à l’instruction », ce qui veut tout dire
sur son inexpérience, en attendant de relever un autre groupe qui avait
en charge de garder les Gorges de Palestro. Mais le groupe en question
doit interrompre la « remise en condition » du II/9e RIC, le 14 mai,
« par suite d’un ordre impératif de la division d’Alger ». « Le II/9e RIC,
notera le général Gouraud, avait fait bonne impression. Il comprenait
en particulier un noyau de sept officiers d’active », mais était-il au fait
des conditions du combat en Algérie ? Le général Gouraud ne le dit
pas, même s’il ajoute que « le commandant Chabot, commandant le
bataillon, était au courant de la situation délicate au point de vue politique dans la région des Gorges de Palestro. Il avait en particulier appelé
l’attention de ses commandants de compagnie sur la nécessité de ne
sortir au début qu’avec prudence de façon à parfaire l’entraînement »...
Le 17 au soir, le sous-lieutenant Artur qui commande le poste de la
Maison Cantonnière demande au lieutenant Poinsignon, officier d’active, et qui a sous ses ordres la 6e compagnie — Artur lui-même est à
la tête de la lre section —, l’autorisation de partir en reconnaissance à
Ouled Bou Lammou. Poinsignon hésite, longuement, puis se laisse fléchir : « D’accord, mais soyez prudents, surtout au retour... »
Le sous-lieutenant Artur n’est pas « n’importe qui »... Candidat à
l’agrégation de philosophie, âgé de trente ans, il a déjà une bonne
connaissance de l’Afrique du Nord ; officier de réserve, il a été rappelé
à sa demande. Rien d’un foudre de guerre ni, donc, d’une tête folle ou
d’un aventurier, mais « très allant et dynamique, écrira le général Gouraud, il avait été conquis par l’œuvre de pacification à entreprendre et
avait fait un excellent travail, visitant les villages de Ouled Hini et
Ouled Bou Dabmane où il avait été bien reçu... » Le sous-lieutenant
Artur n’est pas l’exception. Ils sont nombreux qui, comme lui, croient
en l’avenir d’une Algérie pacifiée mais fraternelle.
Le sous-lieutenant Artur et ses hommes — vingt, dont deux sousofficiers — se mettent en route au lever du jour, ce 18 mai. A 9 h jO,
ils préviennent Poinsignon qu'ils ont atteint les Ouled Bou Dabmane.
Artur trouve un guide, mais la radio de la section marche mal, puis
n'émet plus. Désormais, c'est le silence, et le lieutenant Poinsignon
s'inquiète. Vers midi, toujours sans nouvelles, il décide de partir a\ec
