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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Continuant leur expédition punitive à l’encontre des Français musulmans
francophiles, dit ensuite le capitaine Bourgeois, les rebelles frappèrent à la
porte du domicile de la famille chalabi, parente du précédent.
Ils emmenèrent le père, la mère et les deux garçons. Une jeune fille de
14 ans, qui s’était cachée à la vue des rebelles, eut la vie sauve et fut recueillie
à la Gendarmerie.
Recherchant les membres de cette famille, ce matin dès la découverte du
cadavre de chalabi Tayeb Ben Mohamed, les gendarmes devaient découvrir
à 1 km 500 au sud de la Gendarmerie, le cadavre de chalabi Messaouda Bent
Yahia, 50 ans, épouse de chalabi M’Barek Ben Bachir.
Les mains liées derrière le dos, la malheureuse avait été violée avant d’être
égorgée. Ses bijoux étaient déposés auprès du cadavre.
Continuant leurs recherches, les enquêteurs découvraient, 200 mètres plus
loin, les cadavres des deux enfants :
chalabi Mohamed Ben Bachir, 16 ans,
chalabi Brahim Ben M’Barek, 11 ans,
tous les deux les mains liées derrière le dos et égorgés.
À 500 mètres plus loin, enfin, le cadavre de chalabi M’Barek Ben Bachir,
66 ans, retraité des CFA [Chemins de Fer Algériens], père des deux enfants
et mari de la femme assassinée, était également égorgé, les mains liées dans
le dos.
La famille chalabi était connue pour ses sentiments pro-français et le jeune
chalabi Brahim Ben M’Barek, 11 ans, avait coutume de venir jouer avec ses
petits camarades d’école français, de la gendarmerie d’AïN-YAGOUT.
Le sacrifice des rappelés12
Le 18 mai, la région de Palestro refait parler d’elle. Un officier,
deux sous-officiers et dix-huit « deuxième classe » sont tués dans une
embuscade. Les victimes sont des rappelés appartenant au 2e bataillon
du 9e régiment d’infanterie coloniale récemment débarqué en Algérie.
Des rappelés, ces deux mots suffisent à inquiéter et à provoquer la
consternation, et l’événement frappe d’autant plus qu’au même moment
de très graves incidents se produisent à Grenoble lors d’une manifestation contre la guerre d’Algérie.
Dans son rapport remis au général Lorillot le 20 mai, le général Gouraud, commandant la 27e division d’infanterie alpine (27e DLA) décrit
tout d'abord le contexte géographique des événements du 18, un soussecteur « traversé par le défilé des Gorges de Palestro qu’emprunte la
Nationale 5 » et un « arrière-pays tourmenté... qui constitue un terrain
de choix pour la rébellion »...
Le commandement du sous-secteur a été l’objet d’un nombre invraisemblable de mutations et de nominations qui ont certainement contri
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Continuant leur expédition punitive à l’encontre des Français musulmans
francophiles, dit ensuite le capitaine Bourgeois, les rebelles frappèrent à la
porte du domicile de la famille chalabi, parente du précédent.
Ils emmenèrent le père, la mère et les deux garçons. Une jeune fille de
14 ans, qui s’était cachée à la vue des rebelles, eut la vie sauve et fut recueillie
à la Gendarmerie.
Recherchant les membres de cette famille, ce matin dès la découverte du
cadavre de chalabi Tayeb Ben Mohamed, les gendarmes devaient découvrir
à 1 km 500 au sud de la Gendarmerie, le cadavre de chalabi Messaouda Bent
Yahia, 50 ans, épouse de chalabi M’Barek Ben Bachir.
Les mains liées derrière le dos, la malheureuse avait été violée avant d’être
égorgée. Ses bijoux étaient déposés auprès du cadavre.
Continuant leurs recherches, les enquêteurs découvraient, 200 mètres plus
loin, les cadavres des deux enfants :
chalabi Mohamed Ben Bachir, 16 ans,
chalabi Brahim Ben M’Barek, 11 ans,
tous les deux les mains liées derrière le dos et égorgés.
À 500 mètres plus loin, enfin, le cadavre de chalabi M’Barek Ben Bachir,
66 ans, retraité des CFA [Chemins de Fer Algériens], père des deux enfants
et mari de la femme assassinée, était également égorgé, les mains liées dans
le dos.
La famille chalabi était connue pour ses sentiments pro-français et le jeune
chalabi Brahim Ben M’Barek, 11 ans, avait coutume de venir jouer avec ses
petits camarades d’école français, de la gendarmerie d’AïN-YAGOUT.
Le sacrifice des rappelés12
Le 18 mai, la région de Palestro refait parler d’elle. Un officier,
deux sous-officiers et dix-huit « deuxième classe » sont tués dans une
embuscade. Les victimes sont des rappelés appartenant au 2e bataillon
du 9e régiment d’infanterie coloniale récemment débarqué en Algérie.
Des rappelés, ces deux mots suffisent à inquiéter et à provoquer la
consternation, et l’événement frappe d’autant plus qu’au même moment
de très graves incidents se produisent à Grenoble lors d’une manifestation contre la guerre d’Algérie.
Dans son rapport remis au général Lorillot le 20 mai, le général Gouraud, commandant la 27e division d’infanterie alpine (27e DLA) décrit
tout d'abord le contexte géographique des événements du 18, un soussecteur « traversé par le défilé des Gorges de Palestro qu’emprunte la
Nationale 5 » et un « arrière-pays tourmenté... qui constitue un terrain
de choix pour la rébellion »...
Le commandement du sous-secteur a été l’objet d’un nombre invraisemblable de mutations et de nominations qui ont certainement contri
