Du terrorisme à la répression
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générale. Il ne se passe pas de jour, au surplus, sans que des assassinats soient
à déplorer dans la ville.
[...] L’activité rebelle gagne d’une façon inquiétante la région d’AUMALE [au
sud-est d’Alger] et le sud de l’arrondissement.
Par ailleurs, dans la Mitidja, la région de boufarik, et près de l’agglomération algéroise, celle du sahel ont été mises en coupe réglée pendant la même
période : sabotages d’installations, destructions de cultures et crimes ont
marqué les abords immédiats d’ALGER : maison-carrée, sidi-moussa, l’arba,
rovigo.
Ce rapport pessimiste est confirmé par des informations qui proviennent du terrain, et pas seulement des « abords immédiats d’Alger », à
propos du terrorisme qui est le lot quotidien, ou hebdomadaire, de bien
des régions. On ne s’étonnera pas que Batna revienne à l’affiche des
exactions les plus barbares. La relation des faits est due au capitaine
Bourgeois, commandant la section de gendarmerie de Batna, relation
que nous reproduisons dans sa forme dactylographique originale. Ce
sont une fois de plus des musulmans considérés comme francophiles
qui sont visés21 :
Dans la nuit du 10 au 11 Mai 1956, vers 20 heures, les rebelles se sont
manifestés d’une manière particulièrement odieuse dans le petit centre d’AïNyagout (Commune mixte d’AïN el-ksar), situé sur la route nationale N° 3 de
BATNA à CONSTANTINE.
S’étant introduits dans le village, ils se saisirent, à son domicile, de Chalabi
Tayeb Ben Mohamed, 60 ans environ, dit « Le Père Noël », employé à la
Gendarmerie d’AïN-YAGOUT, comme homme de peine depuis 1916, et l’égorgèrent à son domicile.
Une touffe de cheveux de la victime qui s’est débattue avec énergie, était
retrouvée à 50 mètres du cadavre...
Être garde champêtre en Algérie, en mai 1956, c’est s’exposer au
pire. Cela est avéré. Que les hommes de l’ALN fasse payer un lourd
tribut à des agents de l’Administration qui sont de surcroît en contact
direct avec la population et sont susceptibles de faire du renseignement
peut se concevoir dans une optique révolutionnaire, mais le fait est
courant que les assassinats sont accompagnés de mutilations, dégénèrent en tueries collectives et frappent des hommes, des femmes, des
jeunes gens et des enfants dont le seul tort est, au regard des épurateurs,
d’avoir un lien de parenté, ou d’entretenir des relations suivies avec
le « collaborateur ». En termes clairs, il s agit bien de crimes contre
l’humanité. De crimes contre l’humanité comme on en découvrira tout
au long de ces sept années et demie de guerre...
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générale. Il ne se passe pas de jour, au surplus, sans que des assassinats soient
à déplorer dans la ville.
[...] L’activité rebelle gagne d’une façon inquiétante la région d’AUMALE [au
sud-est d’Alger] et le sud de l’arrondissement.
Par ailleurs, dans la Mitidja, la région de boufarik, et près de l’agglomération algéroise, celle du sahel ont été mises en coupe réglée pendant la même
période : sabotages d’installations, destructions de cultures et crimes ont
marqué les abords immédiats d’ALGER : maison-carrée, sidi-moussa, l’arba,
rovigo.
Ce rapport pessimiste est confirmé par des informations qui proviennent du terrain, et pas seulement des « abords immédiats d’Alger », à
propos du terrorisme qui est le lot quotidien, ou hebdomadaire, de bien
des régions. On ne s’étonnera pas que Batna revienne à l’affiche des
exactions les plus barbares. La relation des faits est due au capitaine
Bourgeois, commandant la section de gendarmerie de Batna, relation
que nous reproduisons dans sa forme dactylographique originale. Ce
sont une fois de plus des musulmans considérés comme francophiles
qui sont visés21 :
Dans la nuit du 10 au 11 Mai 1956, vers 20 heures, les rebelles se sont
manifestés d’une manière particulièrement odieuse dans le petit centre d’AïNyagout (Commune mixte d’AïN el-ksar), situé sur la route nationale N° 3 de
BATNA à CONSTANTINE.
S’étant introduits dans le village, ils se saisirent, à son domicile, de Chalabi
Tayeb Ben Mohamed, 60 ans environ, dit « Le Père Noël », employé à la
Gendarmerie d’AïN-YAGOUT, comme homme de peine depuis 1916, et l’égorgèrent à son domicile.
Une touffe de cheveux de la victime qui s’est débattue avec énergie, était
retrouvée à 50 mètres du cadavre...
Être garde champêtre en Algérie, en mai 1956, c’est s’exposer au
pire. Cela est avéré. Que les hommes de l’ALN fasse payer un lourd
tribut à des agents de l’Administration qui sont de surcroît en contact
direct avec la population et sont susceptibles de faire du renseignement
peut se concevoir dans une optique révolutionnaire, mais le fait est
courant que les assassinats sont accompagnés de mutilations, dégénèrent en tueries collectives et frappent des hommes, des femmes, des
jeunes gens et des enfants dont le seul tort est, au regard des épurateurs,
d’avoir un lien de parenté, ou d’entretenir des relations suivies avec
le « collaborateur ». En termes clairs, il s agit bien de crimes contre
l’humanité. De crimes contre l’humanité comme on en découvrira tout
au long de ces sept années et demie de guerre...
