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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
contre la montre est engagée entre le pouvoir et la rébellion dont le
recours aux embuscades et aux assassinats de colons sont les deux ressorts de la stratégie.
Le 5 mai, le préfet d’Alger répercute sur le ministre de l’intérieur
et le ministre résidant en Algérie les préoccupations du général Jean
Olié20 :
[...] L’accroissement des effectifs militaires ne lui [le général Olié, comme
il se doit] paraissent pas cependant suffisants pour ramener la paix. Un autre
aspect de la situation est évoqué dans un second rapport qui souligne les
répercussions enregistrées dans cette circonscription [la Grande Kabylie] après
les derniers attentats individuels ; des effectifs de police nombreux et qualifiés
paraissent indispensables pour organiser la lutte contre cette force spéciale [le
terrorisme] de l’action des rebelles dont l’efficacité se mesure au moral des
populations.
Le préfet d’Alger relève dans la même correspondance un phénomène relativement nouveau qui tend à se propager : les défections de
plus en plus de fonctionnaires musulmans par suite des menaces terroristes. Et davantage :
J’ajoute, au vu des renseignements reçus ce jour, que des fonctionnaires
musulmans qui n’avaient pas abandonné leur poste ont été l’objet de menaces
de mort.
L’un d’eux, gardien de la Commune mixte de michelet, a déjà quitté son
poste. Il est à présumer que deux autres employés de la Commune du
djurdjura, également menacés, abandonneront également leurs fonctions.
Dans les autres régions de mon Département, la situation, pour être moins
troublée, ne laisse pas de fournir des indices inquiétants.
Le préfet se réfère ensuite aux événements du 1er mai précédent à
Alger : « Le caractère imprévu de la manifestation nationaliste est l’indice d’une emprise réelle des groupes d’action terroriste sur la population musulmane urbaine. »
On redoute des opérations de masse, diagnostic qui se révélera
contredit, mais les attentats ont déjà commencé. Plutôt que des mouvements de foules musulmanes qui risquent de dégénérer comme précédemment en massacres, des attentats bien ciblés contre des civils
européens :
Il est inutile d’épiloguer sur les risques très grands que comporterait pour
la situation la mobilisation de ces masses en vue d’une action insurrectionnelle
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
contre la montre est engagée entre le pouvoir et la rébellion dont le
recours aux embuscades et aux assassinats de colons sont les deux ressorts de la stratégie.
Le 5 mai, le préfet d’Alger répercute sur le ministre de l’intérieur
et le ministre résidant en Algérie les préoccupations du général Jean
Olié20 :
[...] L’accroissement des effectifs militaires ne lui [le général Olié, comme
il se doit] paraissent pas cependant suffisants pour ramener la paix. Un autre
aspect de la situation est évoqué dans un second rapport qui souligne les
répercussions enregistrées dans cette circonscription [la Grande Kabylie] après
les derniers attentats individuels ; des effectifs de police nombreux et qualifiés
paraissent indispensables pour organiser la lutte contre cette force spéciale [le
terrorisme] de l’action des rebelles dont l’efficacité se mesure au moral des
populations.
Le préfet d’Alger relève dans la même correspondance un phénomène relativement nouveau qui tend à se propager : les défections de
plus en plus de fonctionnaires musulmans par suite des menaces terroristes. Et davantage :
J’ajoute, au vu des renseignements reçus ce jour, que des fonctionnaires
musulmans qui n’avaient pas abandonné leur poste ont été l’objet de menaces
de mort.
L’un d’eux, gardien de la Commune mixte de michelet, a déjà quitté son
poste. Il est à présumer que deux autres employés de la Commune du
djurdjura, également menacés, abandonneront également leurs fonctions.
Dans les autres régions de mon Département, la situation, pour être moins
troublée, ne laisse pas de fournir des indices inquiétants.
Le préfet se réfère ensuite aux événements du 1er mai précédent à
Alger : « Le caractère imprévu de la manifestation nationaliste est l’indice d’une emprise réelle des groupes d’action terroriste sur la population musulmane urbaine. »
On redoute des opérations de masse, diagnostic qui se révélera
contredit, mais les attentats ont déjà commencé. Plutôt que des mouvements de foules musulmanes qui risquent de dégénérer comme précédemment en massacres, des attentats bien ciblés contre des civils
européens :
Il est inutile d’épiloguer sur les risques très grands que comporterait pour
la situation la mobilisation de ces masses en vue d’une action insurrectionnelle
