Du terrorisme à la répression
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Les informations du journaliste communiste recoupent ensuite celles
du préfet de Constantine, bien qu’elles soient accompagnées d’un développement dramatique recueilli d’un témoin :
J’ai entendu aussi un musulman qui, se cachant les yeux, me dit avoir assisté
à cette scène : des soldats jetant par-dessus le parapet du pont de Sidi-Rached
des hommes, des jeunes se débattant. Certains encore vivants étaient achevés
au bas du pont. Un camion chargé de « suspects » parti de Constantine pour
le Khroub, escorté de soldats (ex-engagés pour la Corée), et conduit par un
officier de la sûreté militaire, n’y est jamais parvenu. En cours de route, dit
la version officielle, les prisonniers ont tenté de s’échapper. Ils ont tous été
massacrés.
Toujours jeudi, les policiers se ruaient dans le cabinet du Dr Bendib, radiologue, et détruisaient tout son matériel — une installation toute nouvelle. Le
docteur évalue à plusieurs dizaines de millions les dégâts.
Mercredi 4 avril, tous les commerçants de Constantine (musulmans et Israélites) fermèrent leurs magasins en signe de protestation et l’on vit cet
incroyable tableau : des policiers, barres à mines, leviers et pinces monseigneurs en main, brisaient les devantures et les rideaux de fer des magasins
fermés !
« Incroyable tableau» ? En avril 1956, peut-être... Car les policiers
auront des mois plus tard des imitateurs dans la manière de forcer les
portes et les rideaux des commerçants en grève.
Voilà où on en est arrivé, constate le journaliste de L’Humanité. Après la
mort du commissaire Sammarcelli, une délégation d’ultras se rendit à la préfecture de Constantine où elle fut accueillie par le préfet Dupuch.
La délégation semble avoir reçu tous apaisements puisque aucune manifestation ultra n’eut lieu à l’occasion des obsèques.
Les obsèques du commissaire Sammarcelli auxquelles participèrent,
effectivement sans incident, plusieurs milliers de personnes.
[...] Si nous avons pu connaître ces informations, c’est parce que ces événements se sont produits à Constantine dans une ville de 100 000 habitants. Mais
chaque ville, chaque village, chaque douar où la guerre fait rage connaît de
tels faits sanglants, de telles tueries.
Un seul exemple : à Oued Zenati, un parachutiste est tué, dix otages sont
pris au hasard dans la population et fusillés séance tenante. Le capitaine promet de « doubler la dose » à chaque attentat. Conclusion . tous les hommes
du village, adultes et jeunes, ont pris la montagne.
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