Du terrorisme à la répression
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Le 23 mars, le caïd de Bouderbala signale que « 4 ou 5 cadavres de
Français musulmans inconnus ont été ensevelis dans un champ près du
marché de Sebt, ce qui jette l’inquiétude dans les familles musulmanes
du douar Bouderbala qui ont des parents retenus par les militaires et la
Gendarmerie mobile depuis plusieurs semaines ».
L’affaire du commissaire principal Jean Sammarcelli™
Le 29 mars 1956, à 9 h 30, le commissaire principal Jean Sammarcelli du 2e arrondissement de Constantine est tué d’une balle qui lui a
été tiré dans le dos, à l’angle des rues Combes et Charles-Floquet.
Transporté presque aussitôt à la clinique du Dr Gozland, puis à l’hôpital
civil, le commissaire Sammarcelli est décédé quelques instants plus
tard.
C’est un événement gravissime, dont l’importance dépasse largement
Constantine et sa région, à la fois en raison des méthodes de la police
et de l’armée, du nombre des victimes de la répression, exemplaire
également des soupçons qui entourent les explications avancées par les
forces de l’ordre pour justifier certaines exécutions. La guerre d’Algérie
fut jalonnée de ces affaires ténébreuses, de « coups tordus », de morts
prétendument inexpliquées et de mensonges soigneusement ficelés.
La police intervient, les premières investigations ne donnent aucun
résultat, tous les magasins ferment leurs portes, leurs propriétaires et
les témoins disparaissent comme par enchantement. C’est une scène
« classique » du terrorisme pendant les sept années et demie de guerre.
Deux heures plus tard, et en réaction presque inévitable, des coups
de feu sont tirés dans un café dit « Le trou dans le mur », 8, rue Poulie,
en même temps que dans l’escalier d’une rue voisine. Neuf musulmans
pris au hasard sont touchés, l’un d’entre eux meurt sur le coup, les huit
autres sont hospitalisés.
Alors, c’est le branle-bas policier, la mobilisation de toutes les forces
de l’ordre. « Une vaste opération de “ratissage” a été immédiatement
organisée par mes soins avec le personnel des services de police », écrit
le commissaire principal Roger Pinelli au préfet de Constantine
Dupuch. « Ratissage »... Le mot dit bien le fait, mais le commissaire
ne révèle qu’en partie l’ampleur des moyens déployés, peut-être parce
qu’ils n’ont pas encore été tous mis en action. Les archives de la subdivision de Constantine apprennent en effet qu outre la police et les CRS
ont été requis « trois compagnies du Bataillon de Corée, deux sections
du 15e RTS, une compagnie de Garde de F Air, un peloton du 8e hussards, une section du l/67e RA, une section du 55 RTA ».
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