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Le livre noir de la guerre d’Algérie
La Gendarmerie mobile, affirmera l’administrateur Marc Dumont dans son
rapport général du 11 avril, fait régner une véritable terreur sur les populations
musulmanes de la Commune mixte et de la Commune de Plein Exercice [de
Palestro]. Elle procède à des arrestations arbitraires, suivies de détentions de
longue durée au hasard ou sur des dénonciations d’Européens de Palestro
connus pour leur haine des Musulmans [trois noms cités] et se livre à des
sévices sur des prisonniers.
Arrestations arbitraires, suivies de détention de longue durée...
À condition que la longue durée ne se transforme pas... en éternité.
Conseiller municipal, Mefti Ali ben Mohamed a été arrêté le 9 janvier 195615 :
Transféré à la Gendarmerie mobile de souk el-haad, il est soumis à la torture
et meurt le 15 janvier. Son cadavre est criblé de balles pour simuler une
évasion. Le docteur sultana, médecin de la Santé à Palestro, auquel on
demande un permis d’inhumer, constate que le prisonnier a deux cassures aux
jambes et refuse de délivrer ce certificat. Une déclaration a été faite dans ce
sens par le docteur sultana à M. l’inspecteur ciosi, à Palestro, le 21 mars
1956. mefti Ali, gendarme à la retraite, précise Marc Dumont, avait été élu
conseiller municipal avec l’étiquette MTLD. C’était un bavard et un exalté,
mais ce n’était pas un terroriste. J’ajoute que le lendemain de son arrestation
le capitaine N. [nom en toutes lettres dans le texte] m’avait annoncé qu’il ne
sortirait pas vivant de la prison.
Disparitions « inexpliquées », comme celle de Khellili Aomar ben
Mohamed, arrêté le 16 janvier 195616.
Après douze jours de détention au camp de guerroua, l’intéressé qui était
cardiaque meurt dans des conditions mystérieuses. Il avait été élu conseiller
municipal sous l’étiquette MTLD. De notoriété publique, il était inoffensif.
Deux autres conseillers municipaux, rebbah Rabah et mouhouche Rabia ont
été arrêtés [...] le 4 janvier 1956. Depuis cette date, ils ont disparu.
Plus tard, le 13 mars, après l’affaire de l’embuscade du douar Bouderbala et les mesures de rétorsion qui ont suivi, sont arrêtés17
aux Mines de guerouma le conseiller municipal guedouari Tahar, son neveu
guedouari Mohamed, son frère, guedouari Rabah et son chauffeur groumi Ali
qui sont conduits au Bureau du Chef de détachement. Depuis cette date, ils
ont disparu et la famille affirme qu’ils ont été abattus par des militaires.
Le livre noir de la guerre d’Algérie
La Gendarmerie mobile, affirmera l’administrateur Marc Dumont dans son
rapport général du 11 avril, fait régner une véritable terreur sur les populations
musulmanes de la Commune mixte et de la Commune de Plein Exercice [de
Palestro]. Elle procède à des arrestations arbitraires, suivies de détentions de
longue durée au hasard ou sur des dénonciations d’Européens de Palestro
connus pour leur haine des Musulmans [trois noms cités] et se livre à des
sévices sur des prisonniers.
Arrestations arbitraires, suivies de détention de longue durée...
À condition que la longue durée ne se transforme pas... en éternité.
Conseiller municipal, Mefti Ali ben Mohamed a été arrêté le 9 janvier 195615 :
Transféré à la Gendarmerie mobile de souk el-haad, il est soumis à la torture
et meurt le 15 janvier. Son cadavre est criblé de balles pour simuler une
évasion. Le docteur sultana, médecin de la Santé à Palestro, auquel on
demande un permis d’inhumer, constate que le prisonnier a deux cassures aux
jambes et refuse de délivrer ce certificat. Une déclaration a été faite dans ce
sens par le docteur sultana à M. l’inspecteur ciosi, à Palestro, le 21 mars
1956. mefti Ali, gendarme à la retraite, précise Marc Dumont, avait été élu
conseiller municipal avec l’étiquette MTLD. C’était un bavard et un exalté,
mais ce n’était pas un terroriste. J’ajoute que le lendemain de son arrestation
le capitaine N. [nom en toutes lettres dans le texte] m’avait annoncé qu’il ne
sortirait pas vivant de la prison.
Disparitions « inexpliquées », comme celle de Khellili Aomar ben
Mohamed, arrêté le 16 janvier 195616.
Après douze jours de détention au camp de guerroua, l’intéressé qui était
cardiaque meurt dans des conditions mystérieuses. Il avait été élu conseiller
municipal sous l’étiquette MTLD. De notoriété publique, il était inoffensif.
Deux autres conseillers municipaux, rebbah Rabah et mouhouche Rabia ont
été arrêtés [...] le 4 janvier 1956. Depuis cette date, ils ont disparu.
Plus tard, le 13 mars, après l’affaire de l’embuscade du douar Bouderbala et les mesures de rétorsion qui ont suivi, sont arrêtés17
aux Mines de guerouma le conseiller municipal guedouari Tahar, son neveu
guedouari Mohamed, son frère, guedouari Rabah et son chauffeur groumi Ali
qui sont conduits au Bureau du Chef de détachement. Depuis cette date, ils
ont disparu et la famille affirme qu’ils ont été abattus par des militaires.
