Du terrorisme à la répression
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lem. Murs seuls. Toutes marchandises détruites. Attitude politique :
bonne. — N° 17 : Dridi Salah. Coiffeur, du douar El-Isseri. Matériel
détruit. Restent murs et la moitié de la toiture. Attitude politique :
bonne. — N° 18 : Environ 4 quintaux d’orge répandus sur le sol. 5 à 6
quintaux en train de se consumer à l’intérieur. — N° 21 : Guedouari.
Taxi Prairie Renault N° 635 91. Entièrement calciné. Récupérables :
aile avant et certaines parties carrosserie. — N° 22 : Dépôt SAP. Ne
restent que les murs. Toiture effondrée. 3 ou 4 quintaux d’orge en train
de se consumer. N° 26 : Moktari et Cie. Moulin à huile. Murs sont
intacts mais toutes les toitures sont brûlées et tordues. Tout le matériel
d’exploitation est hors d’usage. Attitude politique : bonne ».
Le même jour, 12 mars, et une fois de plus au douar Bouderbala,
selon le rapport de l’administrateur Dumont14,
des militaires pénètrent dans une maison et devant leur famille réunie abattent
à coups de mitraillette saadi Ali, âgé de 38 ans, et son jeune frère âgé de
15 ans et demi, ainsi que la chèvre, seul bien de cette famille indigente, derrière laquelle le jeune garçon s’était abrité. Les victimes ne furent enterrées
que le 15 mars par les militaires, à proximité de leur maison. La veuve, qui
est enceinte, a à sa charge deux enfants en bas âge et sa belle-mère, âgée de
50 ans. Elle a été secourue par moi...
Terrible constat dans son laconisme, et qui montre deux comportements face à des populations musulmanes dont la complicité manque
de preuves définitives dans le feu de l’action... et des armes. Tout excès
dans la répression, quelles que soient les conditions dans lesquelles
crimes et attentats sont perpétrés, rejette des musulmans par milliers du
côté de la rébellion prompte à exploiter l’événement. On transforme
des sympathisants de la cause française ou des attentistes en autant de
militants, armés ou non, du combat pour l’indépendance.
Le 13 mars, 8 musulmans, dont un chef de fraction, sont exécutés
sommairement au douar El-Isseri. On ne relève aucun indice de leur
complicité avec les fallaghas. Puis au douar Barouta sont incendiées
«30 maisons, dont celles de 3 veuves indigentes ayant des enfants
mineurs, et celle appartenant au garde champêtre du douar, Brahimi
Yacia. Sur ces 30 maisons, onze seulement appartenaient à des individus pouvant être considérés comme suspects. Quant au garde champêtre, c’était un agent dévoué, notoirement connu pour sa fidélité à
l’Administration et qui a payé de sa vie son dévouement à la France ».
Il sera tué par les rebelles le 1er avril 1956.
Détruire la demeure d’un homme « dévoué à la France » que les
fellaghas assassineront quinze jours plus tard est en effet une étrange
manière de montrer sa reconnaissance...
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lem. Murs seuls. Toutes marchandises détruites. Attitude politique :
bonne. — N° 17 : Dridi Salah. Coiffeur, du douar El-Isseri. Matériel
détruit. Restent murs et la moitié de la toiture. Attitude politique :
bonne. — N° 18 : Environ 4 quintaux d’orge répandus sur le sol. 5 à 6
quintaux en train de se consumer à l’intérieur. — N° 21 : Guedouari.
Taxi Prairie Renault N° 635 91. Entièrement calciné. Récupérables :
aile avant et certaines parties carrosserie. — N° 22 : Dépôt SAP. Ne
restent que les murs. Toiture effondrée. 3 ou 4 quintaux d’orge en train
de se consumer. N° 26 : Moktari et Cie. Moulin à huile. Murs sont
intacts mais toutes les toitures sont brûlées et tordues. Tout le matériel
d’exploitation est hors d’usage. Attitude politique : bonne ».
Le même jour, 12 mars, et une fois de plus au douar Bouderbala,
selon le rapport de l’administrateur Dumont14,
des militaires pénètrent dans une maison et devant leur famille réunie abattent
à coups de mitraillette saadi Ali, âgé de 38 ans, et son jeune frère âgé de
15 ans et demi, ainsi que la chèvre, seul bien de cette famille indigente, derrière laquelle le jeune garçon s’était abrité. Les victimes ne furent enterrées
que le 15 mars par les militaires, à proximité de leur maison. La veuve, qui
est enceinte, a à sa charge deux enfants en bas âge et sa belle-mère, âgée de
50 ans. Elle a été secourue par moi...
Terrible constat dans son laconisme, et qui montre deux comportements face à des populations musulmanes dont la complicité manque
de preuves définitives dans le feu de l’action... et des armes. Tout excès
dans la répression, quelles que soient les conditions dans lesquelles
crimes et attentats sont perpétrés, rejette des musulmans par milliers du
côté de la rébellion prompte à exploiter l’événement. On transforme
des sympathisants de la cause française ou des attentistes en autant de
militants, armés ou non, du combat pour l’indépendance.
Le 13 mars, 8 musulmans, dont un chef de fraction, sont exécutés
sommairement au douar El-Isseri. On ne relève aucun indice de leur
complicité avec les fallaghas. Puis au douar Barouta sont incendiées
«30 maisons, dont celles de 3 veuves indigentes ayant des enfants
mineurs, et celle appartenant au garde champêtre du douar, Brahimi
Yacia. Sur ces 30 maisons, onze seulement appartenaient à des individus pouvant être considérés comme suspects. Quant au garde champêtre, c’était un agent dévoué, notoirement connu pour sa fidélité à
l’Administration et qui a payé de sa vie son dévouement à la France ».
Il sera tué par les rebelles le 1er avril 1956.
Détruire la demeure d’un homme « dévoué à la France » que les
fellaghas assassineront quinze jours plus tard est en effet une étrange
manière de montrer sa reconnaissance...
