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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
certain nombre des musulmans exécutés avaient partie liée avec la
rébellion. Quoi qu’il en soit, il s’agissait d’exécutions sommaires.
Le cycle des violences de toutes sortes ne s’arrête pas là au cours de
ce mois de mars 1956 dans la région très éprouvée de Palestro. Le 12,
c’est une embuscade qui provoque de très dures représailles.
Il est 14 h 30 lorsqu’un convoi militaire, comportant deux camions
et quelques hommes, qui revenait de Palestro et se dirigeait vers son
cantonnement dit des Mines est pris à partie par des rebelles près du
marché du Sebt, au lieu-dit « ravin » Ouled Tatar. Cinq militaires du
premier camion sont tués. «Les hors-la-loi, leur forfait accompli,
signale le caïd Saadi dans son rapport à l’administrateur, reprirent le
même chemin qu’ils avaient accompli à leur arrivée, chemin de l’oued
Guettout à l’oued du marché du Sebt dont il est limitrophe. »
Sachant qu’il risque d’être appelé à rendre des comptes, le caïd Saadi
tient à préciser12
Je peux porter à votre connaissance que le samedi 10 mars, me trouvant au
marché de Sebt en service avec le GMPR de Palestro, je n’ai pas hésité à
informer le sous-lieutenant et le sergent du cantonnement des Mines qui se
trouvaient ce jour en patrouille avec leurs hommes, la situation devenant de
jour en jour plus dangereuse depuis quelques jours.
Cette situation est due à l’arrivée de fortes bandes rebelles arrivées de kabylie ou du constantinois, annonce le caïd Saadi, et qu’à mon avis des précautions sérieuses doivent être prises.
En fait de précautions, on en vient une fois de plus à des représailles.
Trente maisons ou boutiques du marché de Sebt, au douar Bouderbala,
sont immédiatement incendiés, dont le bureau du caïd et de son khodja,
les archives sont brûlées et les meubles emportés, le taxi d’un conseiller
municipal également livré aux flammes. Puis les militaires se portent
sur quinze autres maisons d’un lieu proche, ils les incendient, en même
temps qu’une huilerie appartenant à un membre de la délégation spéciale de Palestro.
Chaque cas du marché de Sebt a été minutieusement répertorié :
descriptif des dégâts, « attitudes politiques des victimes », « montant
des dégâts13. »
Par exemple, «N° 10 : Boulenouar Ali ben Amar. Artisan tailleur.
Ne restent que les murs. Machine à coudre toute brûlée. Attitude politique : bonne. —N° 12 : Epicerie Bey Ahmed. Toutes les marchandises
anéanties. Ne restent que les murs. Attitude politique : bonne. Membre
Secteur SAP du douar Bouderbala. — N° 14 : Epicerie Damou Boua-
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