Du terrorisme à la répression
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demeurant au douar bouderbala, fraction Arktoub, Commune mixte de Palestre, ALGER.
J’ai l’honneur de vous faire rappeler respectueusement de ma demande d’indemnité faite à Monsieur l’Administrateur de la Commune mixte de palestro
le 10 février 1956, à la suite des blessures faites à mon fils, ghezal Ali ben
Ahmed, âgé de 7 ou 8 ans par les Militaires, alors que mon dit fils gardait ses
bêtes ovins, au lieudit « Nader Lahmer » sise à Arktoub, douar bouderbala,
Commune mixte de Palestro à la date du 24 janvier 1956.
Hospitalisé à alger, le 25 janvier 1956, il n’a quitté l’hôpital que le
28 février 1956 et se plaint encore de sa blessure au thorax. Signé ghezal.
Le 7 mars, la violence change d’horizon... Sept personnes de Palestro
appartenant à des familles de colons sont assassinées : M. Marcel Bonjeau, son épouse et un de leurs fils. M. Alphonse Servat, son épouse,
leur fils et leur belle-fille. Un enfant de ces derniers, âgé de cinq ans,
est laissé pour mort. Une famille de plus sur la liste des familles massacrées par les rebelles... Du coup, le lieutenant-colonel Fossey-François
voit rouge, et une fois de plus le massacre de civils dont le seul crime
est d’être colons, déclenche les représailles. C’est le lot de l’Algérie,
auquel peu de militaires et de policiers échappent. Voici, dans leur état
brut, les documents portant récit des événements. Le premier émane
du caïd Chenoufi et il est adressé à l’administrateur Marc Dumont, le
14 mars11 :
J’ai l’honneur de vous rendre que secrètement avec mon Khodja, je me suis
renseigné sur les personnes tuées par les militaires dans la fraction Ouled
Gacem le 8 mars [soit le lendemain du massacre des familles de colons].
Les victimes sont au nombre de 17. Elles ont été prises de palestro en
hélicoptère, amenées dans la fraction et tuées.
L’une de ces victimes est du douar el-isseri et se nomme fjedioui Salah ben
Mohamed, originaire de la fraction Ouled Omar qui était prisonnier chez les
militaires « Gendarmerie Mobile » depuis deux mois environ.
Les autres n’ont pu être identifiées.
Une enquête est diligentée par l’inspecteur général Ciosi, qui rend
son rapport le 28 mars. Le caïd Chenoufi confirme ses premières déclarations en précisant que « les 17 musulmans ont été enterrés dans une
seule et même tranchée ». Sur les 7 autres personnes entendues, le principal témoin, Khatir Ahmed ben Ali, chef de la fraction « Ouled Gacem,
du douar Isseri », a vu les gens descendre de l’appareil qui a effectué
six voyages. Ces musulmans, ajoute-t-il, ont été ensuite abattus par les
militaires et j’ai assisté à la scène...
Le lieutenant-colonel Fossey-François affirmera à 1 administrateur
Dumont, avec lequel il était d’ailleurs en querelle permanente, qu un
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demeurant au douar bouderbala, fraction Arktoub, Commune mixte de Palestre, ALGER.
J’ai l’honneur de vous faire rappeler respectueusement de ma demande d’indemnité faite à Monsieur l’Administrateur de la Commune mixte de palestro
le 10 février 1956, à la suite des blessures faites à mon fils, ghezal Ali ben
Ahmed, âgé de 7 ou 8 ans par les Militaires, alors que mon dit fils gardait ses
bêtes ovins, au lieudit « Nader Lahmer » sise à Arktoub, douar bouderbala,
Commune mixte de Palestro à la date du 24 janvier 1956.
Hospitalisé à alger, le 25 janvier 1956, il n’a quitté l’hôpital que le
28 février 1956 et se plaint encore de sa blessure au thorax. Signé ghezal.
Le 7 mars, la violence change d’horizon... Sept personnes de Palestro
appartenant à des familles de colons sont assassinées : M. Marcel Bonjeau, son épouse et un de leurs fils. M. Alphonse Servat, son épouse,
leur fils et leur belle-fille. Un enfant de ces derniers, âgé de cinq ans,
est laissé pour mort. Une famille de plus sur la liste des familles massacrées par les rebelles... Du coup, le lieutenant-colonel Fossey-François
voit rouge, et une fois de plus le massacre de civils dont le seul crime
est d’être colons, déclenche les représailles. C’est le lot de l’Algérie,
auquel peu de militaires et de policiers échappent. Voici, dans leur état
brut, les documents portant récit des événements. Le premier émane
du caïd Chenoufi et il est adressé à l’administrateur Marc Dumont, le
14 mars11 :
J’ai l’honneur de vous rendre que secrètement avec mon Khodja, je me suis
renseigné sur les personnes tuées par les militaires dans la fraction Ouled
Gacem le 8 mars [soit le lendemain du massacre des familles de colons].
Les victimes sont au nombre de 17. Elles ont été prises de palestro en
hélicoptère, amenées dans la fraction et tuées.
L’une de ces victimes est du douar el-isseri et se nomme fjedioui Salah ben
Mohamed, originaire de la fraction Ouled Omar qui était prisonnier chez les
militaires « Gendarmerie Mobile » depuis deux mois environ.
Les autres n’ont pu être identifiées.
Une enquête est diligentée par l’inspecteur général Ciosi, qui rend
son rapport le 28 mars. Le caïd Chenoufi confirme ses premières déclarations en précisant que « les 17 musulmans ont été enterrés dans une
seule et même tranchée ». Sur les 7 autres personnes entendues, le principal témoin, Khatir Ahmed ben Ali, chef de la fraction « Ouled Gacem,
du douar Isseri », a vu les gens descendre de l’appareil qui a effectué
six voyages. Ces musulmans, ajoute-t-il, ont été ensuite abattus par les
militaires et j’ai assisté à la scène...
Le lieutenant-colonel Fossey-François affirmera à 1 administrateur
Dumont, avec lequel il était d’ailleurs en querelle permanente, qu un
