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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Aussi, encouragés par l’impunité dont paraît jouir leur chef, se plaint
M. Dumont8, — ladjouzi est élu du 2e Collège et ami du maire de Palestro —
cédant aux pressions des groupes terroristes des communes environnantes,
incités par de nombreux émissaires venus d’Alger, de l’Alma et de Dra elMizan, à prendre part au mouvement terroriste, les nationalistes de la région
se sont-ils décidés au début du mois de juin dernier, à passer à l’action. [...]
Ces attentats, s’ils ont provoqué une vive émotion parmi la population européenne et la population musulmane fidèle, ont également enhardi les militants
nationalistes qui font montre de plus en plus d’arrogance. Aussi, faut-il s’attendre à ce que des événements plus graves se produisent dans la région à
brève échéance...
Marc Dumont demande notamment l’« implantation de troupes à
Palestro Plein Exercice». Il sera entendu. Dès juillet 1955, l’armée
arrive en renfort, aux ordres du lieutenant-colonel Combourieux, puis
du lieutenant-colonel d’Alençon. Ensuite, du commandant Fossey-François. Il prend son service le 5 décembre 1955 et sera nommé lieutenantcolonel le 1er janvier 1956. En mars, les avertissements de Marc
Dumont sont malheureusement confirmés. La région de Palestro
sombre dans le drame, dans des drames à répétition, jusqu’à ce jour du
18 mai qui en marquera l’épilogue.
4 janvier 1956...
Ce jour-là, vers 16 h 30, témoigne Saoudi Moussa ben Laïd9, j’étais avec
mon père dans notre demeure. La porte de notre maison était ouverte. Un
militaire armé s’y est engagé et nous somme de sortir sans nous demander
quoi que ce soit.
En sortant de chez nous, ce militaire nous a donné l’ordre de marcher devant
lui. C’est ce que nous avons fait. À dix mètres de la porte de notre maison,
ce militaire a tiré sur mon père qui était derrière moi une rafale de mitraillette.
J’ajoute que le militaire était armé d’une mitraillette.
En voulant m’approcher de mon père tombé, le militaire m’a mis en joue.
C’est alors que j’ai continué mon chemin devant le militaire qui a rejoint ses
camarades dans la dechra.
Ces derniers avaient rassemblé la presque totalité des gens de la dechra.
Ils nous conduisirent à Palestro et nous avons été relâchés le lendemain à
8 heures.
30 mars 1956, pour un événement survenu le 24 janvier10...
Monsieur le Sous-Préfet de l’arrondissement de Bouira,
Je soussigné ghezal, Ahmed ben Ali, ancien soldat de la classe 1934,
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