Du terrorisme à la répression
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les ténèbres des temps barbares. Les atrocités dont se souviendront les
anciens réussiront à éclipser les horreurs de la Seconde Guerre mondiale dont on avait pourtant pensé qu’elles ne seraient jamais égalées.
Le drame des appelés de Palestro fait irruption comme un ouragan
dans des millions de familles françaises. Le 18 mai 1956 est une date
clé dans la guerre d’Algérie, bien qu’elle n’éclipse pas complètement
les massacres les plus spectaculaires qui se sont succédé depuis
novembre 1954. On ne peut qu’être stupéfait devant l’horreur, sans
oublier un certain nombre d’événements, relativement peu connus, qui
ont préparé le drame.
Situé dans une région intermédiaire entre la Kabylie et la Mitidja,
traversé par le défilé des Gorges de Palestro, adossé à un arrière-pays
tourmenté et aux voies de communications peu nombreuses « qui
constitue un terrain de choix pour la rébellion», selon les propres
termes du général Gouraud, commandant la 27e division d’infanterie
alpine, le sous-secteur du même nom est depuis près d’un an, et avec
de courts moments de répit, en proie à l’agitation. Le chef de la
Commune mixte Marc Dumont s’en est ouvert dans une note du 5 juillet
1955 adressée au cabinet du préfet à Alger et au préfet de Tizi-Ouzou7 :
J’ai l’honneur de vous rendre compte que la situation politique dans la
région de Palestro s’aggrave depuis un mois, les prévient-il. Les nationalistes
affichent ouvertement une attitude arrogante et hostile ; de jeunes fanatiques
me sont signalés comme ayant pris le maquis ; les attentats terroristes se multiplient. Cette situation est la conséquence logique et prévue de l’activité subversive menée impunément par le sieur ladjouzi Mohamed Tahar, chef de la
Daira nationaliste, et par ses acolytes...
Et l’administrateur des Services civils de rappeler les rapports mensuels et spéciaux qu’il a adressés aux deux préfets pour les « informer
de l’évolution de la situation »...
Arrêté par la gendarmerie le 22 décembre 1954, remis en liberté un
mois plus tard, Ladjouzi reprend dès les premiers jours de mars 1955
son activité politique, réunit de plus bel ses lieutenants à son domicile
et dans des cafés maures et « tient la nuit, précise M. Dumont, de fréquents conciliabules ». Les résultats sont une recrudescence de l’agitation et, selon l’administrateur, des sabotages sur la voie ferrée entre
Palestro et Bouira. Gerbiers incendiés, des centaines de pieds de vigne
arrachés, plus de dix poteaux télégraphiques sciés en bordure de la
voie ferrée, tentative d’assassinat de Moussa Moussaoui, président de
la djemma du douar Maalla, dans la rue principale de Palestro, le
22 juin 1955.
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les ténèbres des temps barbares. Les atrocités dont se souviendront les
anciens réussiront à éclipser les horreurs de la Seconde Guerre mondiale dont on avait pourtant pensé qu’elles ne seraient jamais égalées.
Le drame des appelés de Palestro fait irruption comme un ouragan
dans des millions de familles françaises. Le 18 mai 1956 est une date
clé dans la guerre d’Algérie, bien qu’elle n’éclipse pas complètement
les massacres les plus spectaculaires qui se sont succédé depuis
novembre 1954. On ne peut qu’être stupéfait devant l’horreur, sans
oublier un certain nombre d’événements, relativement peu connus, qui
ont préparé le drame.
Situé dans une région intermédiaire entre la Kabylie et la Mitidja,
traversé par le défilé des Gorges de Palestro, adossé à un arrière-pays
tourmenté et aux voies de communications peu nombreuses « qui
constitue un terrain de choix pour la rébellion», selon les propres
termes du général Gouraud, commandant la 27e division d’infanterie
alpine, le sous-secteur du même nom est depuis près d’un an, et avec
de courts moments de répit, en proie à l’agitation. Le chef de la
Commune mixte Marc Dumont s’en est ouvert dans une note du 5 juillet
1955 adressée au cabinet du préfet à Alger et au préfet de Tizi-Ouzou7 :
J’ai l’honneur de vous rendre compte que la situation politique dans la
région de Palestro s’aggrave depuis un mois, les prévient-il. Les nationalistes
affichent ouvertement une attitude arrogante et hostile ; de jeunes fanatiques
me sont signalés comme ayant pris le maquis ; les attentats terroristes se multiplient. Cette situation est la conséquence logique et prévue de l’activité subversive menée impunément par le sieur ladjouzi Mohamed Tahar, chef de la
Daira nationaliste, et par ses acolytes...
Et l’administrateur des Services civils de rappeler les rapports mensuels et spéciaux qu’il a adressés aux deux préfets pour les « informer
de l’évolution de la situation »...
Arrêté par la gendarmerie le 22 décembre 1954, remis en liberté un
mois plus tard, Ladjouzi reprend dès les premiers jours de mars 1955
son activité politique, réunit de plus bel ses lieutenants à son domicile
et dans des cafés maures et « tient la nuit, précise M. Dumont, de fréquents conciliabules ». Les résultats sont une recrudescence de l’agitation et, selon l’administrateur, des sabotages sur la voie ferrée entre
Palestro et Bouira. Gerbiers incendiés, des centaines de pieds de vigne
arrachés, plus de dix poteaux télégraphiques sciés en bordure de la
voie ferrée, tentative d’assassinat de Moussa Moussaoui, président de
la djemma du douar Maalla, dans la rue principale de Palestro, le
22 juin 1955.
