Du terrorisme à la répression
71
Sur le plan économique,
— le manque des céréales destinées à la nourriture des ruraux réduits à
manger des racines et des herbes et à qui sont interdits, par les bandits [les
membres de l ’ ALN, comme il se doit] les distributions de vivres gratuites, les
soins et les chantiers de travaux publics.
— de longs retards dans le règlement des salaires d’ouvriers employés sur
les pistes.
[En annexe . ]
Commune mixte de Morsott, douar Morsott : travaux de piste entrepris sur
les crédits de Plan de Modernisation. Effectués depuis près de quatre mois.
Deux mois de salaire étaient encore dus aux ouvriers à la date du 28 février
1956, faute de crédits nécessaires. — Commune mixte de Khenchela, SAS
d’Ouldja : location par l’Armée de 44 mulets de bât pendant 5 mois, à raison
de 400 F par jour. Les représentants de l’agglomération réclament le paiement
des sommes correspondantes, soit au total 2 640 000 F.
— les menaces de chômage parmi le personnel des mines de l’Ouenzza.
— la perception, par tous les moyens, des impôts que les contribuables
doivent verser aux bandes.
[En annexe .]
Commune mixte de Tébessa. La perception est considérée comme une
épreuve de force. Diverses circulaires ont fait mention des modes de contrainte
que les Officiers des Affaires algériennes devaient pratiquer et, en particulier,
les notes n° 4028 du 28 décembre 1955 et 467 du 20 janvier 1956.
En conséquence le lieutenant A. déclare s’être vu obligé de lancer une grenade contre deux magasins de Bir el-Alter ; de faire des fouilles directes dans
la caisse et le portefeuille de négociants, de saisir des bestiaux et des
marchandises.
Mais il a spontanément renoncé à ces pratiques d’ailleurs exploitées dans
les tracts rebelles.
— les transferts par la contrainte, sur des terres étrangères, hors de leur
habitat traditionnel, de populations misérables que les opérations placent dans
des Zones d’insécurité.
[En annexe :]
Commune mixte de Tébessa. La plaine située au nord de Kemaken a été
déclarée zone interdite. Le Chef de la Commune a prescrit aux Chefs des deux
postes d’avoir à aviser les habitants qu’ils aient à évacuer les lieux avant le
27 février. Devant le refus d’obéissance de ces derniers, 1 ordre a été donné
d’user de « tous les moyens appropriés » pour les éloigner.
Le lieutenant A., de Bir el-Alter, voulant à contrecœur faire un exemple, a
fait, selon ses dires, dynamiter et incendier la tente du nommé henchir Othman. Mais il n’a pas persévéré dans une voie contraire à ses convictions
personnelles.
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Sur le plan économique,
— le manque des céréales destinées à la nourriture des ruraux réduits à
manger des racines et des herbes et à qui sont interdits, par les bandits [les
membres de l ’ ALN, comme il se doit] les distributions de vivres gratuites, les
soins et les chantiers de travaux publics.
— de longs retards dans le règlement des salaires d’ouvriers employés sur
les pistes.
[En annexe . ]
Commune mixte de Morsott, douar Morsott : travaux de piste entrepris sur
les crédits de Plan de Modernisation. Effectués depuis près de quatre mois.
Deux mois de salaire étaient encore dus aux ouvriers à la date du 28 février
1956, faute de crédits nécessaires. — Commune mixte de Khenchela, SAS
d’Ouldja : location par l’Armée de 44 mulets de bât pendant 5 mois, à raison
de 400 F par jour. Les représentants de l’agglomération réclament le paiement
des sommes correspondantes, soit au total 2 640 000 F.
— les menaces de chômage parmi le personnel des mines de l’Ouenzza.
— la perception, par tous les moyens, des impôts que les contribuables
doivent verser aux bandes.
[En annexe .]
Commune mixte de Tébessa. La perception est considérée comme une
épreuve de force. Diverses circulaires ont fait mention des modes de contrainte
que les Officiers des Affaires algériennes devaient pratiquer et, en particulier,
les notes n° 4028 du 28 décembre 1955 et 467 du 20 janvier 1956.
En conséquence le lieutenant A. déclare s’être vu obligé de lancer une grenade contre deux magasins de Bir el-Alter ; de faire des fouilles directes dans
la caisse et le portefeuille de négociants, de saisir des bestiaux et des
marchandises.
Mais il a spontanément renoncé à ces pratiques d’ailleurs exploitées dans
les tracts rebelles.
— les transferts par la contrainte, sur des terres étrangères, hors de leur
habitat traditionnel, de populations misérables que les opérations placent dans
des Zones d’insécurité.
[En annexe :]
Commune mixte de Tébessa. La plaine située au nord de Kemaken a été
déclarée zone interdite. Le Chef de la Commune a prescrit aux Chefs des deux
postes d’avoir à aviser les habitants qu’ils aient à évacuer les lieux avant le
27 février. Devant le refus d’obéissance de ces derniers, 1 ordre a été donné
d’user de « tous les moyens appropriés » pour les éloigner.
Le lieutenant A., de Bir el-Alter, voulant à contrecœur faire un exemple, a
fait, selon ses dires, dynamiter et incendier la tente du nommé henchir Othman. Mais il n’a pas persévéré dans une voie contraire à ses convictions
personnelles.
