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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
suppression de la Commune mixte et des caïds, pour l’élection libre des djemaas à l’échelon du village ou de la tribu, installation de communes de plein
exercice ou de sections de communes rurales...
Ce tableau sombre, mais réel, est éclairé par les valeurs et les qualités que
représentent d’autres fonctionnaires qui se dévouent sans compter et apportent
à l’accomplissement de leur tâche un cœur et une foi admirables. Il est
agréable de citer : M. le commandant brosse, chef de la SAS de Pasteur, qui
grâce à ses qualités de cœur a ramené le calme parmi la tribu soulevée par les
excès du capitaine M. — M. mougeot, administrateur de la Commune mixte
d’Aïn-Touta, qui met au point un projet de recasement et de regroupement.
— M. cazebonne, administrateur en chef de la CM [Commune mixte} de
Belezna, et M. le capitaine francon, son adjoint, qui créent un climat de
confiance et obtiennent des collaborations précédemment perdues.
— M. balut, administrateur et chef de Cabinet du général parlange, qui a pu
rétablir une filière et entrer en communication avec un officier français prisonnier. — Le capitaine renevier, adjoint au commandant en chef de la CM de
l’Aurès, que déchirent des cas de conscience, et qui atténue les effets de dispositions particulières — M. didier, chef de la CM des Rhiras, qui sait se faire
aimer des plus humbles et se déplace aux endroits les plus exposés. — M. jollain, chef de la CM de Chateaudun-du-Rhumel, dont l’unité administrative est
un îlot de paix et de confiance au milieu de zones terrorisées.
Le contrôleur général Ferré poursuit son inspection dans F Est algérien du 25 février au 28 mars, pour aboutir à des conclusions qui ne
sont guère plus optimistes.
Et de prime abord pour souligner les incohérences peu communes de
l’organisation administrative de cette région :
Le territoire est simultanément situé sous l’autorité du Préfet de Constantine, du Général chef du Commandement civil et militaire des Aurès-Nementchas, du Préfet de Bône, des Sous-Préfets de Batna, Aïn-Beida, Tébessa, des
Commandants des Secteurs opérationnels de Khenchela, Tébessa, Aïn-Beida,
Guelma... et autres sous-secteurs, quartiers et sous-quartiers...
Cette mosaïque de commandements est de nature à expliquer les confusions
ou erreurs nécessairement inévitables à l’échelon exécution.
[...] Cette région du Sud-Constantinois paraît être placée sous le régime de
la « douche écossaise », avec ses alternatives diverses, qui créent un état de
nervosisme excessif et d’exaspération à Tébessa, Plein Exercice et Mixte ; de
découragement à Khenchela et Aïn-Beida Plein Exercice, de résolution froide
dans les Communes mixtes de Morsott et de Khenchela.
Le contact avec la population est virtuellement coupé [mars 1956...} depuis
la fin décembre 1955, partout, sauf à Morsott, commune qui peut être considérée comme un îlot éventuel de rayonnement et d’influence sur la zone des
Nementchas, refuge permanent, puissamment défendu par les rebelles.
Au yeux des informateurs, les principales raisons de cet état de choses
seraient :
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
suppression de la Commune mixte et des caïds, pour l’élection libre des djemaas à l’échelon du village ou de la tribu, installation de communes de plein
exercice ou de sections de communes rurales...
Ce tableau sombre, mais réel, est éclairé par les valeurs et les qualités que
représentent d’autres fonctionnaires qui se dévouent sans compter et apportent
à l’accomplissement de leur tâche un cœur et une foi admirables. Il est
agréable de citer : M. le commandant brosse, chef de la SAS de Pasteur, qui
grâce à ses qualités de cœur a ramené le calme parmi la tribu soulevée par les
excès du capitaine M. — M. mougeot, administrateur de la Commune mixte
d’Aïn-Touta, qui met au point un projet de recasement et de regroupement.
— M. cazebonne, administrateur en chef de la CM [Commune mixte} de
Belezna, et M. le capitaine francon, son adjoint, qui créent un climat de
confiance et obtiennent des collaborations précédemment perdues.
— M. balut, administrateur et chef de Cabinet du général parlange, qui a pu
rétablir une filière et entrer en communication avec un officier français prisonnier. — Le capitaine renevier, adjoint au commandant en chef de la CM de
l’Aurès, que déchirent des cas de conscience, et qui atténue les effets de dispositions particulières — M. didier, chef de la CM des Rhiras, qui sait se faire
aimer des plus humbles et se déplace aux endroits les plus exposés. — M. jollain, chef de la CM de Chateaudun-du-Rhumel, dont l’unité administrative est
un îlot de paix et de confiance au milieu de zones terrorisées.
Le contrôleur général Ferré poursuit son inspection dans F Est algérien du 25 février au 28 mars, pour aboutir à des conclusions qui ne
sont guère plus optimistes.
Et de prime abord pour souligner les incohérences peu communes de
l’organisation administrative de cette région :
Le territoire est simultanément situé sous l’autorité du Préfet de Constantine, du Général chef du Commandement civil et militaire des Aurès-Nementchas, du Préfet de Bône, des Sous-Préfets de Batna, Aïn-Beida, Tébessa, des
Commandants des Secteurs opérationnels de Khenchela, Tébessa, Aïn-Beida,
Guelma... et autres sous-secteurs, quartiers et sous-quartiers...
Cette mosaïque de commandements est de nature à expliquer les confusions
ou erreurs nécessairement inévitables à l’échelon exécution.
[...] Cette région du Sud-Constantinois paraît être placée sous le régime de
la « douche écossaise », avec ses alternatives diverses, qui créent un état de
nervosisme excessif et d’exaspération à Tébessa, Plein Exercice et Mixte ; de
découragement à Khenchela et Aïn-Beida Plein Exercice, de résolution froide
dans les Communes mixtes de Morsott et de Khenchela.
Le contact avec la population est virtuellement coupé [mars 1956...} depuis
la fin décembre 1955, partout, sauf à Morsott, commune qui peut être considérée comme un îlot éventuel de rayonnement et d’influence sur la zone des
Nementchas, refuge permanent, puissamment défendu par les rebelles.
Au yeux des informateurs, les principales raisons de cet état de choses
seraient :
