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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Il ne s’agit plus d’un contre-terrorisme [l’expression est déjà entrée dans le
langage...], mais d’un super-terrorisme.
Après les trop célèbres capitaines M. et M. [noms en toutes lettres dans le
texte] dont le cas a déjà été réglé et qui avaient sévi à Médina et à Pasteur,
sont accusés maintenant : l’administrateur-adjoint B. et le capitaine A. Sévices graves sont imputés au premier ; exécutions sommaires, vols, viols s’accumulent sur le compte du second.
Des victimes et des témoins ont été entendus. L’excuse que peuvent invoquer ces personnes réside dans leur méconnaissance des gens et des habitudes
de l’Aurès. Des agents doubles, notamment un légionnaire qui avait déserté
avec son unité pour le maquis et qui était venu se mettre au service d’un
officier de renseignements, ont fait commettre les pires abus dirigés précisément contre les serviteurs les plus dévoués à la France, et dénoncés comme
étant les complices des terroristes... Des haines, qu’il sera difficile d’éteindre,
ont été déclenchées.
Dans plusieurs cas, les faits étaient connus des autorités régionales. Les
coupables étaient laissés à l’abri, un silence complice les protégeait.
Le contrôleur Ferré traite ensuite des « progrès de la technique
rebelle » :
Leur implantation militaire, écrit-il, est calquée sur notre commandement,
et nos états-majors sont marqués par les leurs. Les méthodes révolutionnaires
sont appliquées sous la direction de déserteurs de la Légion, allemands, espagnols et italiens, de nos anciens combattants (algériens de l’armée française)...
A Médina, des Harkas versaient aux rebelles la moitié de la solde qu’ils percevaient de leur unité. Et au dernier accrochage, au-dessus d’Arris, les cris :
« Merci à la Harka qui nous a armés » étaient poussés en dérision à l’adresse
de nos amis...
La perception des impôts est faite par les rebelles ; leur agent passe avant
le receveur des Contributions et a plus de succès que lui. Un chef de fraction
trop zélé a été égorgé et a eu introduit dans le nez mutilé un billet portant
la mention : « Rendu aux Français. » Une administration civile double notre
organisation dirigée par nos anciens fonctionnaires ou agents qui passent
secrètement à la « Résistance ». La dégradation de notre propre appareil judiciaire a permis la constitution de tribunaux locaux qui agissent avec sévérité
et des moyens d’investigation aussi sévères qu’implacables, et rendent une
justice équitable. Les infirmiers ne manquent pas, à défaut de médecins, et les
soins donnés à des blessés que nous avons capturés sont jugés d’excellente
qualité par nos praticiens.
Puis le contrôleur Ferré mentionne les conséquences des déplacements de populations sur lesquels nous aurons à revenir :
Suivant la méthode de la tache d’huile, la dissidence s’est étendue aux
masses musulmanes grâce [sic] aux mesures prises par nous contre des popuia-
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