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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
assaillants. Le village est dégagé vers 15 heures, soit trois heures après
l’apparition des premiers assaillants. On ne connaîtra pas le nombre
exact des morts et des blessés.
— À Catinat, c’est également à 12 heures que l’assaut est donné
contre le cantonnement militaire — les rebelles ne reculent, décidément,
devant aucun risque — et contre plusieurs fermes. Ces attaques sont
repoussées après l’arrivée de deux patrouilles d’automitrailleuses de la
gendarmerie mobile venues d’El-Milia. L’encerclement du village est
définitivement brisé vers 16 h 30. Cependant, le pont de Bou-Siaba, à
3,500 kilomètres au nord-ouest de Calmet, est sérieusement endommagé. De nombreuses embuscades ont été tendues sur la route d’ElMilia à Grarem, en particulier aux environs de Siliana. Une dizaine de
véhicules civils en partie incendiés ont été retrouvés dans le fossé. La
route sera dégagée par une compagnie de l’armée et des automitrailleuses de la gendarmerie mobile d’El-Milia.
— À Collo — nous restons dans la région de Philippeville —, deux
cents rebelles débouchant des collines boisées qui surplombent la localité passent à l’attaque après l’explosion d’une bombe, à 11 h 50. Les
parachutistes et les gendarmes de Collo interviennent aussitôt pour arrêter les infiltrations et protéger le quartier européen, des combats de rue
s’engagent, il faut le renfort d’une autre compagnie de l’armée et des
gendarmes mobiles arrivant par la route de Talamous pour que les
assaillants se replient. Leur progression avait d’ailleurs été stoppée, et
leur intervention retardée par un important « bouchon » placé par les
rebelles à 5 kilomètres de Collo.
Le Journal de marche de la subdivision de Constantine s’achève par
des observations qui soulignent la gravité des événements du 20 août
1955 dans la région de Philippeville, un an à peine après le
1er novembre. Elles en montrent l’ampleur et insistent sur les risques
d’une aggravation profonde des relations entre les deux communautés
après la participation de larges fractions de la population musulmane
aux attaques contre les centres urbains :
Les événements du 20 août, que les renseignements des jours précédents ne
laissaient pas augurer d’une telle importance, ont frappé les masses européennes et musulmanes.
C’est aujourd’hui un malaise et une nervosité qui envahissent l’une et l’autre
de ces populations.
Un fossé se creuse entre les deux masses [« 'était-cepas, d’ailleurs, le résultat escompté...], et ce fossé sera difficile à combler si des mesures adéquates
ne sont pas prises par les autorités responsables du maintien de l’ordre.
Les populations européennes sont effrayées au soir du 20 août d’un renou­
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