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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
titre exceptionnel. Simplement pour rappeler que, dans le cas d’El-Alia,
le crime dépassa dans ses manifestations les limites de l’imaginable.
Nous nous limiterons donc au texte intégral du Journal de marche de
la subdivision de Constantine à cette date du 20 août 1945 :
Dès 10 h 50, alors que les communications ont été préalablement coupées,
le village d’El-Halia [szc] est attaqué à ses deux extrémités par deux bandes
fortes chacune d’une vingtaine d’hommes armés et en uniforme...
« Armés et en uniforme », ce qui induit que ces événements s’inscrivent dans un mouvement organisé — il n’existe aucun doute sur la
préméditation et la planification des actions du 20 août.
Ces bandes [poursuit le Journal de marche de la subdivision de Constantine], sont bientôt rejointes par les habitants du village indigène proche et par
les ouvriers sétifiens de la mine. Tous ces nouveaux assaillants évalués à
environ cinq cents, armés de couteaux, de pioches, de bâtons, poussés par les
« you-you » des femmes [le cas est fréquent, et souvent indiqué] se ruent sur
la population française, tuant tous les civils qui n’ont pas réussi à se cacher
ou à s’enfuir, pillant, incendiant les habitations.
Quelques hommes armés de pistolets et de grenades ont pu se retrancher et
résistent jusqu’au dégagement du village par les parachutistes qui arrivent vers
14 h 15, ayant été prévenus par un habitant qui avait réussi à s’échapper, mais
ne peuvent qu’assister à la fuite des derniers pillards.
Il fallait déplorer 33 morts, 12 blessés, deux disparus.
• Saint-Charles, 11 h 30, 20 août... Les rues sont vides, les magasins
appartenant à des musulmans sont fermés. Le maire s’inquiète et prévient le secteur d’El-Arrouch.
Une heure plus tard, une centaine de « hors-la-loi » (HLL, l’expression est coutumière), pourvus d’armes à feu, débouchent par les lisières
Nord du village. Quatre voitures sont surprises et incendiées, deux gendarmes et neuf civils qui les occupaient sont massacrés, la mairie occupée quelques minutes plus tard, incendiée à son tour, mais les soixante
fusils qui y étaient entreposés ne sont pas récupérés. La section de
protection rurale est intervenue, avec des résultats mitigés, puisque les
destructions continuent. Quant aux renforts envoyés d’El-Arrouch, ils
ne réussissent pas dans un premier temps à pénétrer dans le village. Un
combat s’engage contre un millier d’assaillants qui, maîtres du village
jusqu aux environs de 18 heures, ont pillé, détruit et incendié voitures
et habitations.
• A Robertville, c est le muezzin qui, du minaret de la mosquée,
donne le signal de 1 insurrection, tandis qu’un comparse qui se tient à
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
titre exceptionnel. Simplement pour rappeler que, dans le cas d’El-Alia,
le crime dépassa dans ses manifestations les limites de l’imaginable.
Nous nous limiterons donc au texte intégral du Journal de marche de
la subdivision de Constantine à cette date du 20 août 1945 :
Dès 10 h 50, alors que les communications ont été préalablement coupées,
le village d’El-Halia [szc] est attaqué à ses deux extrémités par deux bandes
fortes chacune d’une vingtaine d’hommes armés et en uniforme...
« Armés et en uniforme », ce qui induit que ces événements s’inscrivent dans un mouvement organisé — il n’existe aucun doute sur la
préméditation et la planification des actions du 20 août.
Ces bandes [poursuit le Journal de marche de la subdivision de Constantine], sont bientôt rejointes par les habitants du village indigène proche et par
les ouvriers sétifiens de la mine. Tous ces nouveaux assaillants évalués à
environ cinq cents, armés de couteaux, de pioches, de bâtons, poussés par les
« you-you » des femmes [le cas est fréquent, et souvent indiqué] se ruent sur
la population française, tuant tous les civils qui n’ont pas réussi à se cacher
ou à s’enfuir, pillant, incendiant les habitations.
Quelques hommes armés de pistolets et de grenades ont pu se retrancher et
résistent jusqu’au dégagement du village par les parachutistes qui arrivent vers
14 h 15, ayant été prévenus par un habitant qui avait réussi à s’échapper, mais
ne peuvent qu’assister à la fuite des derniers pillards.
Il fallait déplorer 33 morts, 12 blessés, deux disparus.
• Saint-Charles, 11 h 30, 20 août... Les rues sont vides, les magasins
appartenant à des musulmans sont fermés. Le maire s’inquiète et prévient le secteur d’El-Arrouch.
Une heure plus tard, une centaine de « hors-la-loi » (HLL, l’expression est coutumière), pourvus d’armes à feu, débouchent par les lisières
Nord du village. Quatre voitures sont surprises et incendiées, deux gendarmes et neuf civils qui les occupaient sont massacrés, la mairie occupée quelques minutes plus tard, incendiée à son tour, mais les soixante
fusils qui y étaient entreposés ne sont pas récupérés. La section de
protection rurale est intervenue, avec des résultats mitigés, puisque les
destructions continuent. Quant aux renforts envoyés d’El-Arrouch, ils
ne réussissent pas dans un premier temps à pénétrer dans le village. Un
combat s’engage contre un millier d’assaillants qui, maîtres du village
jusqu aux environs de 18 heures, ont pillé, détruit et incendié voitures
et habitations.
• A Robertville, c est le muezzin qui, du minaret de la mosquée,
donne le signal de 1 insurrection, tandis qu’un comparse qui se tient à
