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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
La quatrième (wilaya 4, Rabah Bitat) : Alger et l’ouest du
département.
La cinquième (wilaya 5, Larbi Ben M’Hidi) ; ou le département
d’Oran.
— Intervention des groupes armés — le chiffre total des effectifs
varie entre 500 et 1 500 — aux points désignés à l’avance, le massif
de l’Aurès présentant alors les meilleures chances de succès.
— Le jour de l’insurrection, proclamation du FLN affirmant pour
l’essentiel que le but final est l’indépendance de l’Algérie, la « restauration de l’État algérien démocratique et social dans le cadre des principes
islamiques », l’« ouverture de négociations avec les porte-parole autorisés du peuple algérien », la « libération des détenus politiques, la levée
de toutes les mesures d’exception ». Dans le respect des intérêts français et la liberté pour les Français d’Algérie de choisir entre l’une des
deux nationalités, l’égalité étant reconnue entre les citoyens des deux
communautés par le nouvel État algérien.
• Nuit du 31 octobre au 1er novembre :
— Alger donne le signal... Trois commandos déposent des bombes
dans une usine à gaz (près du Jardin d’Essai), dans l’immeuble de la
Radio, aux Pétroles Mori. Trois explosions, pas de dégâts.
— Dans l’Aurès : opération à Batna contre la caserne des spahis,
celle des gardes mobiles et la poudrière, deux militaires sont tués. A
cent kilomètres de là, le centre de T’Kout est complètement coupé de
l’extérieur.
À Biskra, le poste de police est occupé et les agents sont désarmés ;
les rebelles ne parviennent pas à pénétrer dans la caserne mais un officier et un autre militaire sont tués.
Au nord-est de Biskra, dans les gorges de Tighanimine et sur la route
qui conduit à Arris, vers 8 heures ce 1er novembre, un car de voyageurs
est intercepté par les rebelles qui obligent le caïd Hadj Sadok, de
M’Chounèche, à en descendre. Une discussion s’engage, le caïd est tué
par une rafale de mitraillette dont les balles atteignent également deux
instituteurs français, les Monnerot, récemment arrivés dans la région.
Guy Monnerot est tué à son tour et sa femme blessée, puis sauvée grâce
à l’intervention d’une équipe de secours venue d’Arris et conduite par
l’ethnologue Jean Servier. Le sort des Monnerot s’inscrit dès lors dans
l’histoire de ce premier jour de l’insurrection.
Jean Servier porte également une part de la légende qui accompagne
les Français authentiquement dévoués à l’Algérie. Il est né en 1918, à
Constantine. Engagé, il sert dans le 18e dragon et, démobilisé, suit les
cours d ethnologie à la Sorbonne. C’est à ce titre qu’il part dans l’Aurès
et relève sur place, en 1954, des signes d’une agitation qui annonce le
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
La quatrième (wilaya 4, Rabah Bitat) : Alger et l’ouest du
département.
La cinquième (wilaya 5, Larbi Ben M’Hidi) ; ou le département
d’Oran.
— Intervention des groupes armés — le chiffre total des effectifs
varie entre 500 et 1 500 — aux points désignés à l’avance, le massif
de l’Aurès présentant alors les meilleures chances de succès.
— Le jour de l’insurrection, proclamation du FLN affirmant pour
l’essentiel que le but final est l’indépendance de l’Algérie, la « restauration de l’État algérien démocratique et social dans le cadre des principes
islamiques », l’« ouverture de négociations avec les porte-parole autorisés du peuple algérien », la « libération des détenus politiques, la levée
de toutes les mesures d’exception ». Dans le respect des intérêts français et la liberté pour les Français d’Algérie de choisir entre l’une des
deux nationalités, l’égalité étant reconnue entre les citoyens des deux
communautés par le nouvel État algérien.
• Nuit du 31 octobre au 1er novembre :
— Alger donne le signal... Trois commandos déposent des bombes
dans une usine à gaz (près du Jardin d’Essai), dans l’immeuble de la
Radio, aux Pétroles Mori. Trois explosions, pas de dégâts.
— Dans l’Aurès : opération à Batna contre la caserne des spahis,
celle des gardes mobiles et la poudrière, deux militaires sont tués. A
cent kilomètres de là, le centre de T’Kout est complètement coupé de
l’extérieur.
À Biskra, le poste de police est occupé et les agents sont désarmés ;
les rebelles ne parviennent pas à pénétrer dans la caserne mais un officier et un autre militaire sont tués.
Au nord-est de Biskra, dans les gorges de Tighanimine et sur la route
qui conduit à Arris, vers 8 heures ce 1er novembre, un car de voyageurs
est intercepté par les rebelles qui obligent le caïd Hadj Sadok, de
M’Chounèche, à en descendre. Une discussion s’engage, le caïd est tué
par une rafale de mitraillette dont les balles atteignent également deux
instituteurs français, les Monnerot, récemment arrivés dans la région.
Guy Monnerot est tué à son tour et sa femme blessée, puis sauvée grâce
à l’intervention d’une équipe de secours venue d’Arris et conduite par
l’ethnologue Jean Servier. Le sort des Monnerot s’inscrit dès lors dans
l’histoire de ce premier jour de l’insurrection.
Jean Servier porte également une part de la légende qui accompagne
les Français authentiquement dévoués à l’Algérie. Il est né en 1918, à
Constantine. Engagé, il sert dans le 18e dragon et, démobilisé, suit les
cours d ethnologie à la Sorbonne. C’est à ce titre qu’il part dans l’Aurès
et relève sur place, en 1954, des signes d’une agitation qui annonce le
