Les années perdues
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reste, il ne faut pas être grand clerc pour mesurer la montée de la tension
et de l’agitation depuis des mois, voire des années. La création de l’Organisation spéciale date de février... 1947, et des incidents, souvent très
spectaculaires, jalonnent les années qui précèdent l’insurrection. Ainsi,
et pour ne retenir que les plus importants, à l’occasion des élections à
l’Assemblée algérienne, les 4 et 11 avril 1948 : plusieurs morts, en
parallèle avec les irrégularités qui accompagnent désormais les consultations, l’UDMA et le MTLD se voyant confisquer une victoire prévisible dans le deuxième collège. Bagarres suscitées par le MTLD lors
des manifestations du 1er mai 1951 à Paris (les élections législatives
du 17 juin donneront lieu en Algérie à une manipulation honteuse de
l’Administration pour annuler les succès des nationalistes dans le
deuxième collège). Incidents très graves le 14 mai 1952 à Orléansville
où plusieurs Algériens sont tués, incidents qui servent de prétexte à une
nouvelle arrestation de Messali Hadj qui y séjournait.
• Sur le plan de l’organisation clandestine, les nationalistes font un
nouveau pas en avant le 23 mars 1954 : cinq dirigeants du MTLD
— Mohammed Boudiaf, au premier chef, Rabah Bitat, Mostefa Ben
Boulaïd, Didouche Mourad, Larbi Ben M’Hidi, décident, après avoir
constaté l’échec de la réunification du mouvement déchiré par la
contestation des « centralistes » de Hocine Lahouel, de créer le Comité
Révolutionnaire d’Unité et d’Action (CRUA).
• Entre le 10 et le 20 octobre, les « cinq » auxquels s’est joint Krim
Belkacem pour la Kabylie, mettent au point les divers aspects de l’organisation du soulèvement :
— Date retenue, 1er novembre 1954 ;
— Décision de la formation du Front de Libération Nationale (FLN),
doublée de l’Armée de Libération Nationale (ALN) qui regroupera les
éléments déjà constitués dans l’ensemble des régions d’Algérie ;
— Le territoire algérien est divisé en six zones qui se transformeront
en « wilayas », cinq pour l’instant, la formation de la sixième (le Sud),
restant en suspens :
La première wilaya (wilaya 1), sous le commandement de Ben Boulaïd, couvrira une vaste région, de la haute vallée de la Soummam à la
frontière tunisienne, et englobe les régions montagneuses du Hodna,
des Aurès et des Nementchas.
La deuxième (wilaya 2, Didouche Mourad) : nord du département de
Constantine, jusqu’à la mer.
La troisième (wilaya 3, Krim Belkacem et Omar Ouamrane) : essentiellement, la Grande Kabylie.
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reste, il ne faut pas être grand clerc pour mesurer la montée de la tension
et de l’agitation depuis des mois, voire des années. La création de l’Organisation spéciale date de février... 1947, et des incidents, souvent très
spectaculaires, jalonnent les années qui précèdent l’insurrection. Ainsi,
et pour ne retenir que les plus importants, à l’occasion des élections à
l’Assemblée algérienne, les 4 et 11 avril 1948 : plusieurs morts, en
parallèle avec les irrégularités qui accompagnent désormais les consultations, l’UDMA et le MTLD se voyant confisquer une victoire prévisible dans le deuxième collège. Bagarres suscitées par le MTLD lors
des manifestations du 1er mai 1951 à Paris (les élections législatives
du 17 juin donneront lieu en Algérie à une manipulation honteuse de
l’Administration pour annuler les succès des nationalistes dans le
deuxième collège). Incidents très graves le 14 mai 1952 à Orléansville
où plusieurs Algériens sont tués, incidents qui servent de prétexte à une
nouvelle arrestation de Messali Hadj qui y séjournait.
• Sur le plan de l’organisation clandestine, les nationalistes font un
nouveau pas en avant le 23 mars 1954 : cinq dirigeants du MTLD
— Mohammed Boudiaf, au premier chef, Rabah Bitat, Mostefa Ben
Boulaïd, Didouche Mourad, Larbi Ben M’Hidi, décident, après avoir
constaté l’échec de la réunification du mouvement déchiré par la
contestation des « centralistes » de Hocine Lahouel, de créer le Comité
Révolutionnaire d’Unité et d’Action (CRUA).
• Entre le 10 et le 20 octobre, les « cinq » auxquels s’est joint Krim
Belkacem pour la Kabylie, mettent au point les divers aspects de l’organisation du soulèvement :
— Date retenue, 1er novembre 1954 ;
— Décision de la formation du Front de Libération Nationale (FLN),
doublée de l’Armée de Libération Nationale (ALN) qui regroupera les
éléments déjà constitués dans l’ensemble des régions d’Algérie ;
— Le territoire algérien est divisé en six zones qui se transformeront
en « wilayas », cinq pour l’instant, la formation de la sixième (le Sud),
restant en suspens :
La première wilaya (wilaya 1), sous le commandement de Ben Boulaïd, couvrira une vaste région, de la haute vallée de la Soummam à la
frontière tunisienne, et englobe les régions montagneuses du Hodna,
des Aurès et des Nementchas.
La deuxième (wilaya 2, Didouche Mourad) : nord du département de
Constantine, jusqu’à la mer.
La troisième (wilaya 3, Krim Belkacem et Omar Ouamrane) : essentiellement, la Grande Kabylie.
