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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
certains exaltés en différents points du territoire. Il s’agissait généralement
d’affirmations selon lesquelles une action se préparait clandestinement par la
formation de cadres, le recrutement d’éléments sûrs et la recherche d’armes
diverses...
Le rapport de la PRG (Police des Renseignements Généraux) — daté
également du 23 octobre — évoque notamment la « scission au sein
du PPA », la « création du CRUA », et précise à propos du « Groupe
autonome » :
— Une partie des fonds vient du Caire, via la Suisse ;
— le matériel étranger ne sera envoyé en Algérie que lorsque l’action aura
été déclenchée avec les moyens locaux. À l’effet de se procurer ces moyens,
des éléments locaux fixes ont appris à fabriquer deux sortes d’engins explosifs.
Le « matériel de base » pour cette fabrication est simple : de quoi effectuer
des soudures, des tubes de métal (tuyaux), des détonateurs, du cordon mèche
lente (facile à se procurer à partir des carrières ou des explosifs agricoles).
Par ailleurs, des essais sont faits pour fabriquer éventuellement les explosifs
nécessaires.
— Les hommes : le Groupe dispose d’environ soixante éléments locaux
absolument sûrs en Algérie. Ces hommes sont destinés à recevoir les terroristes qui opéreront individuellement, à les aider par leurs renseignements et
à les faire disparaître dès après l’action.
Constituant dès le début un réseau, ils formeront plus tard des « brigades »
en Algérie.
Le Groupe autonome espère en effet « coiffer » très rapidement et coordonner toute l’action qui, pense-t-il, échappera très vite aux partis.
Les individus chargés des actes terroristes seront, au début tout au moins,
des maquisards kabyles et des fanatiques. Ils opéreront seuls.
L’un des dirigeants du groupe a déclaré qu’il avait personnellement pris
contact avec le sergent Ouamrane et Krim Belkacem, qui auraient accepté ses
propositions.
Et le commissaire divisionnaire, « chef de la Police des Renseignements généraux du district d’Alger », Carcenac, ajoute in fine :
Des investigations sont actuellement en cours en vue de l’identification et
de la localisation du Groupe autonome et dans toute la mesure du possible de
celle des éléments qui la contrôlent.
On ne peut pas dire que le pouvoir, comme le précédent, n’a pas été
informé, mais on se doit de constater que les avertissements, tout répétitifs qu ils fussent, manquaient de précisions... À un peu plus d’une
semaine de 1 insurrection, le rapport du chef des Renseignements généraux d Alger ne brille guère par la richesse de ses informations. Au
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
certains exaltés en différents points du territoire. Il s’agissait généralement
d’affirmations selon lesquelles une action se préparait clandestinement par la
formation de cadres, le recrutement d’éléments sûrs et la recherche d’armes
diverses...
Le rapport de la PRG (Police des Renseignements Généraux) — daté
également du 23 octobre — évoque notamment la « scission au sein
du PPA », la « création du CRUA », et précise à propos du « Groupe
autonome » :
— Une partie des fonds vient du Caire, via la Suisse ;
— le matériel étranger ne sera envoyé en Algérie que lorsque l’action aura
été déclenchée avec les moyens locaux. À l’effet de se procurer ces moyens,
des éléments locaux fixes ont appris à fabriquer deux sortes d’engins explosifs.
Le « matériel de base » pour cette fabrication est simple : de quoi effectuer
des soudures, des tubes de métal (tuyaux), des détonateurs, du cordon mèche
lente (facile à se procurer à partir des carrières ou des explosifs agricoles).
Par ailleurs, des essais sont faits pour fabriquer éventuellement les explosifs
nécessaires.
— Les hommes : le Groupe dispose d’environ soixante éléments locaux
absolument sûrs en Algérie. Ces hommes sont destinés à recevoir les terroristes qui opéreront individuellement, à les aider par leurs renseignements et
à les faire disparaître dès après l’action.
Constituant dès le début un réseau, ils formeront plus tard des « brigades »
en Algérie.
Le Groupe autonome espère en effet « coiffer » très rapidement et coordonner toute l’action qui, pense-t-il, échappera très vite aux partis.
Les individus chargés des actes terroristes seront, au début tout au moins,
des maquisards kabyles et des fanatiques. Ils opéreront seuls.
L’un des dirigeants du groupe a déclaré qu’il avait personnellement pris
contact avec le sergent Ouamrane et Krim Belkacem, qui auraient accepté ses
propositions.
Et le commissaire divisionnaire, « chef de la Police des Renseignements généraux du district d’Alger », Carcenac, ajoute in fine :
Des investigations sont actuellement en cours en vue de l’identification et
de la localisation du Groupe autonome et dans toute la mesure du possible de
celle des éléments qui la contrôlent.
On ne peut pas dire que le pouvoir, comme le précédent, n’a pas été
informé, mais on se doit de constater que les avertissements, tout répétitifs qu ils fussent, manquaient de précisions... À un peu plus d’une
semaine de 1 insurrection, le rapport du chef des Renseignements généraux d Alger ne brille guère par la richesse de ses informations. Au
