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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
qui ont été repérés à Bayada, Magrane, Reguiba, El-Oued, Bou-Aroua,
Trifaoui Lizberg, Tiksebt. Parmi les musulmans dont la mort est attestée, le sergent-chef H.C. «arrêté à Amiche le 18 juillet 1962. L’intéressé aurait été torturé et livré à la foule. Il est mort de ses blessures ».
On a voulu en savoir davantage, « des correspondances ont été
envoyées au sous-préfet d’El-Oued, mais aucune confirmation officielle
n’a encore été avouée ». — Morts également C.T., ancien conseiller
général et son fils : « La version de la fusillade après lynchage semble
la plus vraisemblable » ; « C.L., chef de la tribu des Ferdjanes et son
fils A. ». L’autre fils a réussi à s’évader, mais les deux premiers « ont
été lynchés par les gens de leurs tribus et sont morts de leurs
blessures ».
Devant chaque nom des prisonniers, la mention « battu ». — B.A.B.,
« garde champêtre à Nakhla et Oglat », l’a été, comme les autres, et de
surcroît « attaché puis jeté d’un camion sur la route. Deux jambes cassées. Libéré ». — H.B.L., « déshabillé, puis pendu sur le souk de
Bayada. Lynché et libéré ». Libérés ?
Les gens libérés sont ceux dont l’état de santé les empêche de travailler. Ils
continuent de recevoir la visite de leurs gardiens et sont arrêtés de nouveau
dès leur rétablissement.
Quelque quarante-cinq camps d’internement sont signalés au mois
d’août 1962 dans la région d’Oran...
Pour le général de Brebisson, commandant supérieur en Algérie * ,
c’en est trop... Il adresse le 8 novembre 1962 — près de huit mois après
le cessez-le-feu officiel, à « Monsieur l’Ambassadeur Haut Représentant de la France en Algérie ** », avec un double au ministre des Armées,
une lettre très référencée et quatre « fiches » jointes, dans laquelle il
demande une intervention très ferme auprès des autorités algériennes
sur le sort des harkis69. Les informations alarmantes provenant de plusieurs régions n’ont cessé de s’accumuler, et les démarches entreprises
sur le terrain n’ont en effet donné aucun résultat. Le général de Brebisson souligne que cette situation constitue un manquement flagrant aux
accords d’Evian :
* Depuis le 11 juillet 1962, successeur du général Fourquet.
** Jean-Marcel Jeanneney, depuis le 3 juillet précédent.
Les anciens supplétifs des Forces françaises, écrit le général de Brebisson,
continuent d’être victimes de sévices graves. Ces représailles viennent s’ajouter à une longue liste de crimes commis depuis le 1er juillet 1962, mais marquent une nette recrudescence depuis ces dernières semaines.
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