Les fausses espérances et le chaos
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— Caporal-chef H.M., vingt-six ans, pisteur quatre citations, « évacué [également] chez le Lt. Laguens à Edjeleh en attendant une mutation en Allemagne ».
Le lieutenant Laguens mérite au moins ce qui pourrait devenir la
croix de la reconnaissance !
Puis — ce cas est angoissant en même temps que réconfortant :
r ~ H.B., vingt et un ans, pisteur, deux citations : « En fuite dans la
région de Ouargla. Est actuellement recherché par les anciens chefs de
peloton de la CSPM [Compagnie Saharienne Portée de Metlilï]. Sera
évacué en France [mais a-t-il été retrouvé ?]. A fait l’objet d’une
demande adressée à la 26e DI. »
Le colonel de Vismes poursuit :
Le capitaine [de l’ ALN] bencherouda devrait présider au mois de septembre
un tribunal qui jugerait tout particulièrement des hommes de cette ancienne
unité [l’ex-CSPNf] considérée comme ayant eu l’action la plus néfaste contre
l’ALN :
— Bilans importants à son actif, dus surtout aux méthodes employées :
traces et pisteurs-renseignements (donnés par les Sahariens).
— Aucune prise du FLN sur l’Unité jusqu’au dernier moment.
Après enquête auprès des anciens sous-officiers, il est établi qu’un sort
particulier sera réservé par l’ALN aux anciens militaires de la CSPM ou
ESPM. Seraient punis en premier lieu les pisteurs, puis les militaires ayant
travaillé en civil en zone interdite ou en ville lors de la lutte contre le terrorisme urbain.
D’après les anciens militaires de ces unités, l’éventail des sanctions
comprendrait surtout la peine de mort infligée avec la plus grande publicité.
Sont particulièrement visés...
Ces anciens militaires, environ une vingtaine, ainsi que d’autres non cités,
sont susceptibles de demander asile à l’Armée française, si un danger de mort
se précisait.
Mais le « danger de mort » est bien là !
De son côté, le capitaine Lamoureux, commandant par intérim l’élément 24/3, sous-groupement n° 24, 2e brigade de la 26e DI, avait rendu
compte le 27 août des « exactions commises dans la région du Souf
depuis le 3 juillet 196268 » :
Les Autorités civiles [algériennes] n’ont jamais voulu reconnaître des assassinats portés à leur connaissance, précisait le capitaine, pas plus qu elles ne
sont intervenues pour faire libérer les musulmans arrêtés par 1 ALN et les
formations paramilitaires et politiques.
Suivait une liste des « musulmans dont la mort est certaine » et
d’autres, plus longues, d’internés dans des camps de « travaux forcés »
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