Les fausses espérances et le chaos
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pas été compris dans le contingent destiné aux camps militaires, sont
en quelque sorte rappelés à l’ordre.
Les représailles contre les supplétifs dues aux djounouds, à des forces
incontrôlées, selon l’expression consacrée..., ou à des foules déchaînées,
commencent avant même le repli des forces françaises. Ainsi à SaintDenis-du-Sig, sous-préfecture de Perrégaux, département d’Oran.
L’agitation y est sensible le 18 mars, « dès la fin de l’allocution du chef
de 1 État annonçant le cessez-le-feu », précise le rapport de
gendarmerie63 :
Un défilé de voitures arborant des drapeaux tricolores a parcouru les principales artères de la ville en scandant « Algérie française ». Vers 21 heures, un
début d’effervescence se manifestait au Village musulman. Des Unités du
Quartier de Saint-Denis-du-Sig [secteur de Perrégaux] avaient été placées en
protection à la limite de la ville européenne et du village musulman.
Mesures assurément salutaires à l’égard de la population européenne
qui risque d’être exposée à des représailles, mais qui laissent entier le
problème du Village musulman. Là, ce qu’il est convenu d’appeler les
« amis de la France » sont tout simplement, si l’on s’en tient à la lecture
du rapport de gendarmerie — un corps réputé pour son sérieux —, tout
simplement abandonnés à eux-mêmes. On apprend vers 23 heures que
des attentats viennent d’être commis au Village musulman. Un harki,
grièvement blessé à l’arme blanche, réussit à rejoindre une patrouille
de half-tracks et est immédiatement transféré sur l’hôpital de SaintDenis-du-Sig. Et ce n’est que vers 8 heures le 20 mars que l’on
découvre les premières traces des assassinats ou des disparitions de
plusieurs harkis et de leurs épouses...
Au cours de l’enquête, vers 9 heures, poursuit le rapport, les gendarmes
apprenaient par une fillette âgée de douze ans qu’un fourgon Renault de couleur verte avait procédé au ramassage de plusieurs cadavres, dont celui de son
père, assassiné dans la nuit. Ce véhicule se serait dirigé du côté du cimetière
musulman situé au sud-est du village...
Un hélicoptère est envoyé en reconnaissance et repère une trentaine
de civils occupés à creuser une tranchée dans un oued ; les enquêteurs
envoyés sur place mettent au jour un charnier contenant les corps << a -
freusement mutilés » de seize harkis et de plusieurs femmes, eux
d’entre elles étaient enceintes, l’une « en état de grossesse res avan
cée ». Les « fossoyeurs » sont alors rassembles pendant les formalites
d’identification et confiés à la surveillance d’un groupe de supplétifs
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pas été compris dans le contingent destiné aux camps militaires, sont
en quelque sorte rappelés à l’ordre.
Les représailles contre les supplétifs dues aux djounouds, à des forces
incontrôlées, selon l’expression consacrée..., ou à des foules déchaînées,
commencent avant même le repli des forces françaises. Ainsi à SaintDenis-du-Sig, sous-préfecture de Perrégaux, département d’Oran.
L’agitation y est sensible le 18 mars, « dès la fin de l’allocution du chef
de 1 État annonçant le cessez-le-feu », précise le rapport de
gendarmerie63 :
Un défilé de voitures arborant des drapeaux tricolores a parcouru les principales artères de la ville en scandant « Algérie française ». Vers 21 heures, un
début d’effervescence se manifestait au Village musulman. Des Unités du
Quartier de Saint-Denis-du-Sig [secteur de Perrégaux] avaient été placées en
protection à la limite de la ville européenne et du village musulman.
Mesures assurément salutaires à l’égard de la population européenne
qui risque d’être exposée à des représailles, mais qui laissent entier le
problème du Village musulman. Là, ce qu’il est convenu d’appeler les
« amis de la France » sont tout simplement, si l’on s’en tient à la lecture
du rapport de gendarmerie — un corps réputé pour son sérieux —, tout
simplement abandonnés à eux-mêmes. On apprend vers 23 heures que
des attentats viennent d’être commis au Village musulman. Un harki,
grièvement blessé à l’arme blanche, réussit à rejoindre une patrouille
de half-tracks et est immédiatement transféré sur l’hôpital de SaintDenis-du-Sig. Et ce n’est que vers 8 heures le 20 mars que l’on
découvre les premières traces des assassinats ou des disparitions de
plusieurs harkis et de leurs épouses...
Au cours de l’enquête, vers 9 heures, poursuit le rapport, les gendarmes
apprenaient par une fillette âgée de douze ans qu’un fourgon Renault de couleur verte avait procédé au ramassage de plusieurs cadavres, dont celui de son
père, assassiné dans la nuit. Ce véhicule se serait dirigé du côté du cimetière
musulman situé au sud-est du village...
Un hélicoptère est envoyé en reconnaissance et repère une trentaine
de civils occupés à creuser une tranchée dans un oued ; les enquêteurs
envoyés sur place mettent au jour un charnier contenant les corps << a -
freusement mutilés » de seize harkis et de plusieurs femmes, eux
d’entre elles étaient enceintes, l’une « en état de grossesse res avan
cée ». Les « fossoyeurs » sont alors rassembles pendant les formalites
d’identification et confiés à la surveillance d’un groupe de supplétifs
