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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
rie, de voter le budget et les impôts. Cependant, sur demande du gouverneur général ou du quart des membres de l’Assemblée, une loi devra
obtenir les deux tiers des voix pour être adoptée.
Ce statut ne satisfera personne, ni les Européens qui n’y verront que
concessions imprudentes, ni les nationalistes dont une partie se réfugiera dans une opposition radicale. Après la fondation en mai 1946 de
l’Union démocratique du Manifeste algérien par Ferhat Abbas qui ne
se départit pas d’une attitude modérée, Messali Hadj lance de son côté,
en octobre de la même année, le Mouvement pour le Triomphe des
Libertés Démocratiques (MTLD). C’est du MTLD qu’émerge en
février 1947, lors de son premier congrès, l’Organisation Spéciale (OS),
formation secrète et paramilitaire, préfiguration du FLN.
• Durcissement de l’opposition nationaliste, dérive inquiétante des
pratiques politiques... Les élections à l’Assemblée algérienne des 4 et
11 avril 1948 donnent lieu à des manipulations qui privent le MTLD
et l’UDMA de leur victoire. Des incidents éclatent, qui font plusieurs
morts.
• Le 5 avril 1949, un hold-up organisé à la poste d’Oran par un
certain Ahmed Ben Bella, et qui sera souvent assimilé à du banditisme,
révèle la volonté de l’OS de se lancer dans l’action directe. Mais le
10 mai 1950, Ahmed Ben Bella est arrêté à Alger et désigné comme
l’un des auteurs du hold-up dont il n’a été en réalité que le cerveau.
Ahmed Ben Bella rentre ainsi par la première porte, avant que ne se
referment sur lui les portes de la prison de Blida, dans l’histoire de
l’insurrection algérienne.
Né en 1916 à Mamia, entre Tlemcen et la frontière marocaine,
Ahmed Ben Bella a grandi dans une famille de fellahs. Il a fait ses
études à Tlemcen, obtenu son brevet et a été mobilisé en 1939. Il quitte
l’armée après la défaite, et, reprenant du service en 1943 après le débarquement en Afrique du Nord, il combat brillamment en Italie et en
France. Les événements de mai 1945 et surtout le comportement de
l’armée provoquent chez lui un drame de conscience ; il donne sa
démission et rejoint le MTLD. Sétif est pour lui un éveil au nationalisme. Il y aura bien d’autres exemples qui illustrent le lien entre 1945
et 1954.
• De retour dans son pays, Habib Bourguiba, leader du Néo-Destour,
prononce le 14 avril 1950 un discours dans lequel il revendique le droit
pour la Tunisie de gérer ses propres affaires. C’est en fait l’annonce
d un séisme politique qui va secouer toute l’Afrique du Nord et englobera 1 Algérie quatre années plus tard. L’erreur monumentale, souvent
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