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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
avec des risques considérables. Le directeur de L’Echo d’Oran, Pierre
Laffont, s’était rendu à Alger, y avait rencontré Jean-Jacques Susini à
qui il avait demandé de s’entremettre pour stopper les destructions de
l’OAS, mais l’ancien dirigeant des étudiants s’était sur le moment
déclaré impuissant à calmer le «jeu » en se retranchant derrière l’autorité du général Gardy. Ce dernier se décide enfin à faire taire les armes
et à renoncer au plastic. Un émissaire venu d’Alger, l’ancien colonel
de la Légion Dufour, diffuse au cours de cette journée du 25 un appel
retransmis au cours d’une émission pirate :
[...] Afin de ne pas aggraver les malheurs de nos compatriotes qui vivent
ici des jours particulièrement douloureux, déclare-t-il, je vous donne l’ordre
d’interrompre les destructions qui ont été préparées et qui pourraient aggraver
le calvaire de ceux qui attendent avec angoisse le moment de s’embarquer...
Que le général Salan le veuille ou non, la seule ambition pour des
milliers d’Européens est en effet le « sauve-qui-peut ». Les chalutiers
d’Arzew sont pris d’assaut, des milliers de candidats au départ se massent devant le bâtiment où ont été rassemblés les bureaux de « réservation » des compagnies maritimes, on attend dans l’angoisse des places
sur le Kairouan. Des « exploiteurs de burnous », ces candidats au
départ ? Il suffit de regarder les documents de l’époque pour voir basculer toutes les légendes... Les « gros », les nantis qui d’ailleurs savaient
si bien exploiter leurs passions ont depuis longtemps pris leurs précautions et rapatrié leurs capitaux, en France, en Suisse, ou ailleurs. Mais
eux, les « petits Blancs » qui autrefois votaient pour les candidats de
gauche, n’ont pour tout bagage que des baluchons ou des valises mal
ficelées, parce qu’ils n’ont d’autre alternative, selon l’expression
célèbre, que la «valise ou le cercueil *
». Mais pour le général Gardy
et son état-major de plastiqueurs, il n’y aura pas de problème de transports. Ils s’éclipsent dans la journée du 27 juin, à destination de l’Espagne, sans être le moins du monde inquiétés.
* Selon l’expression qui avait cours dans certains milieux nationalistes algériens à l’égard des
Européens, et qui sera repris par Anne Loesch pour servir de titre à son roman paru en 1963 aux
éditions Plon.
Les conditions à une transition pacifique étant apparemment remplies, une réunion dite de réconciliation est organisée à la préfecture
d’Oran le 28 entre une délégation de l’ALN conduite par le commandant Bakhti, chef de l’ALN du secteur. Et le 1er juillet est accueilli dans
le calme à Oran...
• ... Le 1er juillet 1962, les Algériens votent par 5 994 000 voix — on
compte 530 000 abstentions — sur 6 034 000 votants en faveur de l’in­
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