Les fausses espérances et le chaos
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tireur qui s’est embusqué dans une petite pièce voisine fait feu, en
visant d’abord le général, qu’il identifie à son képi. Ginestet est touché
le premier, grièvement blessé, puis Mabille, qui est tué sur le coup. Le
capitaine Masson, qui avait eu le temps de se mettre à l’abri du tir,
échappera à l’attentat. Le général Ginestet mourra le 24 juin à l’hôpital
du Val-de-Grâce.
Reconnu et arrêté dans un centre d’hébergement destiné aux rapatriés, en septembre 1962, l’auteur du double assassinat, âgé de dix-neuf
ans, déclarera qu’il avait agi pour l’OAS, qu’il avait déjà participé à
plusieurs opérations du même genre et qu’il avait tiré sur le général Ginestet en croyant qu’il s’agissait du général Katz. Il sera
condamné à la prison à vie mais bénéficiera de l’amnistie au même
titre qu’un certain nombre d’acteurs de l’OAS.
• 17 et 19 juin, deux jours consacrés à la restauration de la paix,
mais deux jours d’espoirs sans grand effet...
Le 17, Chawki Mostefaï pour le FLN et le maire d’Alger, Jacques
Chevallier, annoncent conjointement qu’un accord, comprenant des
dirigeants de l’OAS, a été conclu en vue de la suspension des actes
terroristes et d’assurer aux Européens la place qui leur revient dans
l’Algérie de demain ; cependant, Ahmed Ben Bella, qui a recouvré la
liberté en mars après les accords sur le cessez-le-feu, et plusieurs
membres du GPRA ne vont pas tarder à faire connaître leur opposition.
Le 19, le général Salan se décide à son tour, mais bien tard, à parler :
Je conseille aux Européens de rester dans leur pays, déclare-t-il, alors que
l’exode a déjà largement commencé. Qu’ils acceptent que, du fond de sa cellule, celui qui s’est sacrifié pour eux, avec son compagnon, le général jouhaud,
leur dise maintenant : « La voie nouvelle est tracée ». Mes amis, restez unis
de Bône à Oran. Pas de plates-formes territoriales [allusion à la création de
zones de repli}. Une seule Algérie fraternelle où vous devez trouver la place
qui vous revient. Le sang a assez coulé entre les deux communautés. Tous
ensemble, prenez-vous la main pour bâtir un avenir commun de concorde et
de paix. Gardez votre beau pays dans une coopération avec la France.
L’Algérie fraternelle que l’on a tout fait pour détruire n est pas pour
demain ! À Oran, surtout, c’est le plus noir chaos. Un peu partout dans
Oran, pendant qu’approche la date du 1er juillet, la date fixée pour 1 entrée en vigueur de l’indépendance, des foyers d incendie sont allumés
qui touchent ou détruisent comme à Alger les bâtiments publics, palais
de justice, perceptions, lycées, écoles et hôtel de ville. Le 25 juin, sur
le port, trente millions de tonnes de mazout de 1 « Aéronapht » sont en
flammes, recouvrant la ville d’un nuage noir et risquant de se propager
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tireur qui s’est embusqué dans une petite pièce voisine fait feu, en
visant d’abord le général, qu’il identifie à son képi. Ginestet est touché
le premier, grièvement blessé, puis Mabille, qui est tué sur le coup. Le
capitaine Masson, qui avait eu le temps de se mettre à l’abri du tir,
échappera à l’attentat. Le général Ginestet mourra le 24 juin à l’hôpital
du Val-de-Grâce.
Reconnu et arrêté dans un centre d’hébergement destiné aux rapatriés, en septembre 1962, l’auteur du double assassinat, âgé de dix-neuf
ans, déclarera qu’il avait agi pour l’OAS, qu’il avait déjà participé à
plusieurs opérations du même genre et qu’il avait tiré sur le général Ginestet en croyant qu’il s’agissait du général Katz. Il sera
condamné à la prison à vie mais bénéficiera de l’amnistie au même
titre qu’un certain nombre d’acteurs de l’OAS.
• 17 et 19 juin, deux jours consacrés à la restauration de la paix,
mais deux jours d’espoirs sans grand effet...
Le 17, Chawki Mostefaï pour le FLN et le maire d’Alger, Jacques
Chevallier, annoncent conjointement qu’un accord, comprenant des
dirigeants de l’OAS, a été conclu en vue de la suspension des actes
terroristes et d’assurer aux Européens la place qui leur revient dans
l’Algérie de demain ; cependant, Ahmed Ben Bella, qui a recouvré la
liberté en mars après les accords sur le cessez-le-feu, et plusieurs
membres du GPRA ne vont pas tarder à faire connaître leur opposition.
Le 19, le général Salan se décide à son tour, mais bien tard, à parler :
Je conseille aux Européens de rester dans leur pays, déclare-t-il, alors que
l’exode a déjà largement commencé. Qu’ils acceptent que, du fond de sa cellule, celui qui s’est sacrifié pour eux, avec son compagnon, le général jouhaud,
leur dise maintenant : « La voie nouvelle est tracée ». Mes amis, restez unis
de Bône à Oran. Pas de plates-formes territoriales [allusion à la création de
zones de repli}. Une seule Algérie fraternelle où vous devez trouver la place
qui vous revient. Le sang a assez coulé entre les deux communautés. Tous
ensemble, prenez-vous la main pour bâtir un avenir commun de concorde et
de paix. Gardez votre beau pays dans une coopération avec la France.
L’Algérie fraternelle que l’on a tout fait pour détruire n est pas pour
demain ! À Oran, surtout, c’est le plus noir chaos. Un peu partout dans
Oran, pendant qu’approche la date du 1er juillet, la date fixée pour 1 entrée en vigueur de l’indépendance, des foyers d incendie sont allumés
qui touchent ou détruisent comme à Alger les bâtiments publics, palais
de justice, perceptions, lycées, écoles et hôtel de ville. Le 25 juin, sur
le port, trente millions de tonnes de mazout de 1 « Aéronapht » sont en
flammes, recouvrant la ville d’un nuage noir et risquant de se propager
