380
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
trois, quatre, cinq heures parfois, l’arrivée d’un problématique avion pour Marseille, Lyon ou Paris59,..
Départs ou pas, l’OAS s’accroche, l’OAS ne désarme pas. Le 20 mai,
boulevard Andrieux, en Ville nouvelle (à Oran), un obus de mortier
tombe sur les musulmans, hommes, femmes et enfants, à une heure
d’affluence, puis un second alors qu’une foule de curieux s’est rassemblée sur les lieux de l’attentat.
Le général Katz dresse le bilan des pertes des forces de l’ordre pour
ce mois de mai 1962 : 20 tués, dont 7 gendarmes, 3 CRS, et « dix
gradés ou hommes du contingent », 86 blessés, « dont beaucoup sont
grièvement atteints ». On lit bien : « dix gradés ou hommes du
contingent ».
Le 4 juin, un espoir renaît de voir la fin des violences... De la prison
de la Santé, le général Jouhaud lance un appel dans ce sens, accompagné d’un souhait de réconciliation :
[...] Il faut chercher avec nos ennemis d’hier un terrain d’entente qui permette à tous les Français de continuer à vivre sur leur terre natale en toute
dignité, déclare-t-il... Il importe que l’action de l’OAS cesse au plus tôt, c’est
son chef qui le demande à ceux qui se sont mis spontanément sous ses ordres.
Les jusqu’au-boutistes de l’organisation font la sourde oreille, d’autant que Salan lui-même ne dit mot. Deux jours seulement après l’appel
de Jouhaud, le 6 juin, une série de très graves attentats à Alger montre
une volonté de détruire ce qui subistera de la présence française : la
bibliothèque de l’Université, les laboratoires des facultés et deux
amphithéâtres, deux collèges, une partie de la préfecture, la poste et la
mairie d’ELBiar sont plastiqués. Nouvelle offensive terroriste le 15,
dans la même optique de pratiquer la terre brûlée... L’hôtel de ville
d’Alger, récemment construite, est soufflée par une énorme explosion
— un militaire du contingent est tué et quarante-trois sont blessés ; au
même moment les blocs opératoires et le service de radiologie de l’hôpital Mustapha sont également détruits.
A Oran, l’offensive contre les militaires continue, et ce sont des officiers de haut rang qui sont frappés : le 13 juin, le lieutenant-colonel Mariot, responsable du secteur du centre-ville, est tué dans la rue,
alors qu’il venait de quitter l’hôtel Martinez réquisitionné par l’armée.
Le lendemain, nouvel attentat, et de quelle ampleur... Le général Ginestet, commandant le corps d’armée d’Oran, se rend à l’hôpital Baudens
en compagnie de son aide de camp, le capitaine Masson, pour se
recueillir devant la dépouille du lieutenant-colonel Mariot... Le médecin-colonel Mabille les reçoit et les conduit vers la morgue lorsqu’un
Précédent

- 373/420

Suivant