Les fausses espérances et le chaos
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roristes —, Alger comme Oran restent sous tension. Les exécutions
sommaires, venant des deux camps, atteignent des sommets. Pendant la
semaine du 4 au 11 mai, communique la préfecture de police d’Alger,
230 exécutions sommaires ont été enregistrées ; elles concernaient surtout des musulmans.
Ce mois de mai voit également la multiplication des enlèvements
d’Européens, à Alger mais surtout dans la région d’Oran. Car si la ville
reste le domaine d’action de l’OAS, le « bled » est largement contrôlé
par l’ALN qui profite du retrait progressif des troupes françaises dans
certains secteurs pour étendre son territoire et régler ses comptes. Les
personnes enlevées ne sont presque jamais retrouvées. Plusieurs colons
sont assassinés dans leurs fermes. L’ Echo d’Oran publie régulièrement
des noms de disparus, notamment à Saïda — deux ingénieurs des travaux publics et un chef de chantier ; à Saint-Denis-du-Sig ; à Aïn-enTurk ; à Aïn-Farès ; à Mockta Douz (le maire, M. André Dessoliers),
etc. Le 30 mai est assassiné M. Joseph Monfort, directeur de l’OFAC ;
le lendemain, à Tlemcen, Me Pierre Guidecelli, avocat à la cour d’appel
d’Oran, ancien délégué à l’Assemblée algérienne. Le général Katz
signale qu’il saisira le 15 mai, de ce problème, la « Commission mixte
de cessez-le-feu » de l’arrondissement d’Oran. Des commissions régionales de cessez-le-feu sont effectivement prévues par les accords
d’Evian * .
Cependant, un vaste mouvement de départs, dont on avait enregistré
les signes tangibles dès 1961, est en marche... Les capitaux, à condition
qu’il y en eût..., avaient d’ailleurs précédé les individus. À compter de
ce début mai 1962, 8 à 10 000 personnes en moyenne quittent chaque
jour l’Algérie. 865 000 seront parties d’ici septembre. 1 200 familles
quittent Oran dans le courant mai. Dans un communiqué en date du
23 mai, l’OAS annonce que les femmes, les enfants et les hommes âgés
de plus de soixante ans, c’est-à-dire pour elle inaptes au « service »,
sont autorisés à partir en métropole. Une « autorisation »... bien tardive
pour les milliers d’Oranais qui fuient l’enfer dans les plus désastreuses
conditions, et que nombre d’entre eux n’ont d’ailleurs pas attendue :
À la fin avril, l’évacuation commença, de longues colonnes d Européens
stationnaient sur la route de Sidi-bel-Abbès, en plein soleil et attendaient là,
«Accord de cessez-le-feu en Algérie». - Art. 6 : «En vue de régler les problèmes relatifs à
l’application du cessez-le-feu [prévu pour le 19 mars 1962 à 12 heures], il est créé une ommission
mixte de cessez-le-feu. » — Art. 10 : « Dans les départements, la Commission mixte du cessez-le-feu
sera représentée, si les nécessités l’imposent, par des commissions locales composées e eux mem res
pour chacune des parties, qui fonctionneront selon le même principe. »
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