Les fausses espérances et le chaos
se vident, y compris, mais pour peu de temps, des « collines » qui regagnent leurs repaires.
, Le calme est de courte durée puisque le 27 mars une nouvelle grève
générale est déclenchée, accompagnée de tirs de mortiers et de roquettes
sur les quartiers musulmans, renouvelés le lendemain 28. Plus de dix
morts s’ajoutent à la liste des victimes des « ratonnades » aussi stupides
que criminelles.
Le général Katz s’inquiète, sans y pouvoir grand-chose, de la grande
misère de la population musulmane57 :
[...] Là où 25 000 personnes réussissaient péniblement à vivre, s’y ajoutent
60 000 dans des conditions de promiscuité et de manque d’hygiène
incroyables. Les enfants amaigris, non scolarisés, encombrent les rues où s’entassent des monceaux d’ordures nauséabondes que fouillent les chiens faméliques. Les malades, dont le nombre s’est accru avec les privations, manquent
de soins.
La famine menace et les femmes de ménage qui travaillaiént dans
les quartiers européens hésitent de plus en plus à s’y rendre par peur
des représailles, ce qui ne fait qu’aggraver la situation d’extrême précarité ou de simple misère de nombreux foyers musulmans. Craintes de
représailles ? Ce n’est pas un fantasme. Nombre d’entre ces femmes ne
reviennent plus de chez leurs employeurs, affirme le général Katz, et
l’« on retrouve leurs cadavres allongés au bord des trottoirs ». Le fait
est confirmé par d’autres sources58, mais on ajoute que certaines « fatmas » ont égorgé des enfants européens qui leur étaient confiés. Dans
la seule journée du 11 mai, quinze femmes musulmanes seront abattues
en pleine rue !
• Sur le plan politique, les événements vont se précipiter : 8 avril,
approbation des accords d’Evian par 90,70 % des suffrages exprimés,
les Français d’Algérie ayant été exclus de la consultation. 14 avril,
démission du Premier ministre Michel Debré auquel succède Georges
Pompidou. Celui-ci obtiendra la confiance de l’Assemblée le 27 avril
par 259 voix contre 128.
• D’autre part, des coups décisifs continuent d’être portés à la tête
de l’OAS. Le lieutenant Roger Degueldre, le chef des commandos
« Delta », est arrêté le 7 avril à Alger par les gendarmes — il sera
condamné à mort le 18 juin et fusillé le 6 juillet ; le 13 avril, et toujours
à Alger, le général Salan et le capitaine Jean Ferrandi, son aide de
camp, tombent à leur tour aux mains des forces de 1 ordre. La veille de
l’arrestation de Salan, le général Jouhaud a été condamné à mort par le
Haut Tribunal militaire après seulement deux jours de délibérations.
se vident, y compris, mais pour peu de temps, des « collines » qui regagnent leurs repaires.
, Le calme est de courte durée puisque le 27 mars une nouvelle grève
générale est déclenchée, accompagnée de tirs de mortiers et de roquettes
sur les quartiers musulmans, renouvelés le lendemain 28. Plus de dix
morts s’ajoutent à la liste des victimes des « ratonnades » aussi stupides
que criminelles.
Le général Katz s’inquiète, sans y pouvoir grand-chose, de la grande
misère de la population musulmane57 :
[...] Là où 25 000 personnes réussissaient péniblement à vivre, s’y ajoutent
60 000 dans des conditions de promiscuité et de manque d’hygiène
incroyables. Les enfants amaigris, non scolarisés, encombrent les rues où s’entassent des monceaux d’ordures nauséabondes que fouillent les chiens faméliques. Les malades, dont le nombre s’est accru avec les privations, manquent
de soins.
La famine menace et les femmes de ménage qui travaillaiént dans
les quartiers européens hésitent de plus en plus à s’y rendre par peur
des représailles, ce qui ne fait qu’aggraver la situation d’extrême précarité ou de simple misère de nombreux foyers musulmans. Craintes de
représailles ? Ce n’est pas un fantasme. Nombre d’entre ces femmes ne
reviennent plus de chez leurs employeurs, affirme le général Katz, et
l’« on retrouve leurs cadavres allongés au bord des trottoirs ». Le fait
est confirmé par d’autres sources58, mais on ajoute que certaines « fatmas » ont égorgé des enfants européens qui leur étaient confiés. Dans
la seule journée du 11 mai, quinze femmes musulmanes seront abattues
en pleine rue !
• Sur le plan politique, les événements vont se précipiter : 8 avril,
approbation des accords d’Evian par 90,70 % des suffrages exprimés,
les Français d’Algérie ayant été exclus de la consultation. 14 avril,
démission du Premier ministre Michel Debré auquel succède Georges
Pompidou. Celui-ci obtiendra la confiance de l’Assemblée le 27 avril
par 259 voix contre 128.
• D’autre part, des coups décisifs continuent d’être portés à la tête
de l’OAS. Le lieutenant Roger Degueldre, le chef des commandos
« Delta », est arrêté le 7 avril à Alger par les gendarmes — il sera
condamné à mort le 18 juin et fusillé le 6 juillet ; le 13 avril, et toujours
à Alger, le général Salan et le capitaine Jean Ferrandi, son aide de
camp, tombent à leur tour aux mains des forces de 1 ordre. La veille de
l’arrestation de Salan, le général Jouhaud a été condamné à mort par le
Haut Tribunal militaire après seulement deux jours de délibérations.
