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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
plus le climat de tension. Avec l’objectif de pousser le désordre à son
paroxysme. Attitude suicidaire qui entraîne la population européenne
vers l’abîme. C’est un carnage, mais les masses musulmanes, bien encadrées, ne bougent pas. Katz, de son côté, en rajoute en lançant une
nouvelle expédition contre l’émetteur pirate qui a été localisé au Front
de mer. Cette deuxième expédition n’est pas plus heureuse que la première... Avertis par des complices, les techniciens de l’OAS prennent
la poudre d’escampette par les toits, avec leur matériel rangé dans des
valises.
En début d’après-midi, en réponse sans doute à l’initiative du général
qui voudrait priver l’organisation secrète de son moyen de liaison privilégié avec la masse européenne, Oran se hérisse de barricades, la fusillade commence, la circulation est interrompue par une accumulation de
voitures, de camions, d’autobus — on fait même appel à un corbillard —, aux endroits stratégiques. Toute cette agitation est décuplée par
la nouvelle qui s’est répandue un peu par le bouche à oreille, mais que
le général Katz et ses collaborateurs n’apprendront que plus tard :
Edmond Jouhaud a été arrêté au « Panoramic » alors qu’il était en réunion avec son état-major. « M. Gerbert », mal caché sous sa fausse
moustache, a d’abord nié sa véritable identité, mais n’a pas persisté
longtemps dans sa négation. Certains signes physiques comme sa forte
corpulence et un bouton sur son visage n’ont pas trompé les policiers.
Il est immédiatement interrogé et, dans la nuit, transféré de la base
militaire de la Senia à Paris. Jouhaud avait projeté de créer, dans les
régions de Mostaganem et de Tlemcen, des maquis qui auraient
déclenché un soulèvement avec l’appui du 5e régiment étranger, Oran
entrant à son tour dans le mouvement.
Des chimères, mais dans l’immédiat les « Collines » redoublent
d’agressivité, d’autant que l’on apprend que de nouvelles perquisitions,
qui sont d’ailleurs la terreur des Oranais, viennent d’être lancées en
ville européenne. Les attaques se multiplient contre les gendarmes, des
tireurs opérant jusque du haut du clocher de la cathédrale. Pensant que
le général Jouhaud y a été incarcéré, les « collines » dirigent une attaque
en règle contre la caserne départementale de gendarmerie de la
rue Cerez, arrosant de grenades et de cocktails Molotov les automitrailleuses qui en assurent la protection. Sentant la situation lui échapper,
le général Katz recourt alors aux grands moyens de l’intimidation. Il
fait appel à l’aviation, des B 26 de la Senia sont lancés sur la ville,
avec l’ordre de tirer, mais « en direction de la mer dans un secteur vide
de tout bateau », car « il n’est pas question de les faire tirer sur Oran
comme cela a été fait [le 23 mars, deux jours auparavant] à Bab-elOued ». L’effet de dissuasion est quasiment immédiat, les rues d’Oran
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