Les fausses espérances et le chaos
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darmes et CRS évoluent en engins blindés, les commandos de
l’organisation secrète reçoivent de multiples renforts de partisans qui
lancent des cocktails Molotov des étages et des terrasses. Pendant le
même temps, les automobilistes provoquent aux endroits sensibles
d’énormes bouchons qui stoppent les véhicules des forces de l’ordre.
Un stratagème qui contribuera à mettre en échec les gendarmes mobiles ; l’émetteur de l’OAS restera hors de portée, tout au moins dans
l’immédiat, le message de Raoul Salan sera diffusé, mais le bilan de
cette journée du 20 mars à Oran sera une fois de plus dramatique : dix
morts et au moins seize blessés. Dans cette guerre de rues, de balcons
et de terrasses, les « bavures » sont en effet inévitables, des innocents
payant généralement pour les autres. Les gendarmes répliquent en tirant
dans des directions d’où partent les rafales et touchent parfois des civils
qui ne sont pas directement impliqués, voire prennent pour cibles des
immeubles d’où aucun coup de feu n’est parti.
De nombreux témoignages, écrit Claude martin56, attestent que les gendarmes rouges tirèrent à tort et à travers dans les rues de la cité européenne.
Les appartements de Me Sarocchi, avocat à la cour d’appel d’Oran,
et de M. Martinet, président du tribunal de grande instance, notamment,
furent criblés de balles alors qu’aucun tireur ne s’était manifesté dans
leurs immeubles.
Encore s’agissait-il de dommages purement matériels... Plus grave
Une jeune fille de seize ans, Mlle dominiguetti, une autre âgée de quatorze
ans, Mlle Monique echtiron, qui étendaient du linge sur leur balcon, furent
tuées par les gendarmes. Les projectiles d’une mitrailleuse lourde fauchèrent
dans leur appartement Mme amoignan, née Dubiton (dont le père avait été tué
par le FLN), sa petite fille âgée de deux ans et demi, et sa sœur Sophie, treize
ans, qui, atteinte à la jambe par une balle de mitrailleuse lourde qui lui arracha
le nerf sciatique, dut être amputée par le Dr couniot. Or, précisa le Conseil
de l’ordre des avocats d’Oran, « le calme régnait dans la rue où habitait cette
famille ».
Le surlendemain, 22 mars, les « Collines », enhardies par leur succès,
organiseront à la poste d’Oran, décidément très convoitée, un hold-up
qui leur rapportera plus de deux milliards d anciens francs.
Nouvelles scènes d’extrême violence le 25 mars... En début de matinée, « une pluie d’obus de mortiers » s’abat sur le quartier musulman
des Planteurs. L’OAS signe cette nouvelle provocation. L’ambition est
toujours la même : provoquer la population arabe, empoisonner un peu
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