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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
de fûts d’essence et de plus de cent kilos de plastic ! Le temps de
maîtriser les gardiens — ce qui n’est que de pure formalité —, de les
éloigner, et ce sont des explosions en série, des foyers d’incendie qui
propagent flammes, fumée, et provoquent des destructions massives
dans l’établissement. À l’intérieur de leurs cellules les prisonniers sont
pris au piège, crient, demandent de l’aide, quelquefois réussissent à
sortir, titubants, à demi asphyxiés, et ne doivent leur salut qu’au désarroi des hommes de l’OAS qui, chargés de les « cueillir », sont euxmêmes aveuglés, paralysés par les flammes et la fumée, pris au piège
de l’incendie monstre qu’ils avaient déclenché. Il n’y aura en définitive
que quatorze blessés.
Le 14 mars, le commissaire de police Jurançon, qui était connu pour
son hostilité et son engagement contre l’OAS, est assassiné.
Le 16, un fourgon cellulaire venant du centre de sidi ch ami pour rejoindre
la maison d’arrêt est stoppé sur la RN 11 à 4 kilomètres au sud d’ARCOLE. Une
douzaine d’hommes armés oblige le chauffeur et les surveillants à en descendre. Ils abattent les 3 FSNA qui se trouvent dans le fourgon et emportent
les armes des surveillants.
Et le général Katz qui rapporte, parmi beaucoup d’autres, cette information55, ajoute un peu plus loin :
Pour le moment, l’OAS peut encore tout se permettre ; elle est la maîtresse
incontestée de la rue. Elle y nargue les forces de l’ordre, brave les consignes,
règle la circulation. Elle y contrôle quotidiennement les passants, les voitures,
appose son cachet sur les cartes d’identité, distribue à loisir tous tracts contenant ses instructions...
Le 18 mars, jour de la signature des accords d’Evian, la foule européenne envahit les rues au rythme des cinq notes « Algérie française »,
tandis que les commandos de l’OAS circulent dans leurs Jeeps pavoisées des trois couleurs et participent au hourvari avec leurs avertisseurs.
La grève est annoncée pour le lendemain, 19. La grève, comme à Alger,
est générale, la paralysie des activités de la ville est totale. Oran l’européenne vit, les volets fermés, dans un monde étrange, d’isolement et
comme retenant son souffle, contenant sa colère avant les prochaines
explosions, dans l’amoncellement des détritus que la grève a laissé s’accumuler. Le 20 est, rappelons-le, lancé l’appel de Salan dont le général Katz tente d’interrompre la diffusion en dépêchant trois escadrons
de la Garde mobile et une CRS pour tenter de s’emparer de l’émetteur
clandestin. Mais les « Collines » de l’OAS interviennent pour s’y opposer, ce qui déclenche un très violent affrontement. Tandis que gen
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
de fûts d’essence et de plus de cent kilos de plastic ! Le temps de
maîtriser les gardiens — ce qui n’est que de pure formalité —, de les
éloigner, et ce sont des explosions en série, des foyers d’incendie qui
propagent flammes, fumée, et provoquent des destructions massives
dans l’établissement. À l’intérieur de leurs cellules les prisonniers sont
pris au piège, crient, demandent de l’aide, quelquefois réussissent à
sortir, titubants, à demi asphyxiés, et ne doivent leur salut qu’au désarroi des hommes de l’OAS qui, chargés de les « cueillir », sont euxmêmes aveuglés, paralysés par les flammes et la fumée, pris au piège
de l’incendie monstre qu’ils avaient déclenché. Il n’y aura en définitive
que quatorze blessés.
Le 14 mars, le commissaire de police Jurançon, qui était connu pour
son hostilité et son engagement contre l’OAS, est assassiné.
Le 16, un fourgon cellulaire venant du centre de sidi ch ami pour rejoindre
la maison d’arrêt est stoppé sur la RN 11 à 4 kilomètres au sud d’ARCOLE. Une
douzaine d’hommes armés oblige le chauffeur et les surveillants à en descendre. Ils abattent les 3 FSNA qui se trouvent dans le fourgon et emportent
les armes des surveillants.
Et le général Katz qui rapporte, parmi beaucoup d’autres, cette information55, ajoute un peu plus loin :
Pour le moment, l’OAS peut encore tout se permettre ; elle est la maîtresse
incontestée de la rue. Elle y nargue les forces de l’ordre, brave les consignes,
règle la circulation. Elle y contrôle quotidiennement les passants, les voitures,
appose son cachet sur les cartes d’identité, distribue à loisir tous tracts contenant ses instructions...
Le 18 mars, jour de la signature des accords d’Evian, la foule européenne envahit les rues au rythme des cinq notes « Algérie française »,
tandis que les commandos de l’OAS circulent dans leurs Jeeps pavoisées des trois couleurs et participent au hourvari avec leurs avertisseurs.
La grève est annoncée pour le lendemain, 19. La grève, comme à Alger,
est générale, la paralysie des activités de la ville est totale. Oran l’européenne vit, les volets fermés, dans un monde étrange, d’isolement et
comme retenant son souffle, contenant sa colère avant les prochaines
explosions, dans l’amoncellement des détritus que la grève a laissé s’accumuler. Le 20 est, rappelons-le, lancé l’appel de Salan dont le général Katz tente d’interrompre la diffusion en dépêchant trois escadrons
de la Garde mobile et une CRS pour tenter de s’emparer de l’émetteur
clandestin. Mais les « Collines » de l’OAS interviennent pour s’y opposer, ce qui déclenche un très violent affrontement. Tandis que gen
