Les fausses espérances et le chaos
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réprobation. En février 1962, il est muté à Oran. C’est le cadeau
empoisonné !
S’agissant des actions violentes, la grande ville de l’Ouest vit au
même rythme que la capitale, mais en plus grave, à cause de cette
impunité, de cette sorte de passion furieuse qui emporte tout un peuple
fasciné par le mythe de l’Algérie française, et dont certains éléments
sont prêts à toutes les extrémités, jusqu’à l’autodestruction. Jusqu’au
sacrifice total et, lors de la « liquidation », en affrontant de dures
épreuves. La comptabilité des attentats et des actions terroristes attribués à l’OAS dont nous donnions un aperçu pour l’année 1961 s’alourdit dès le début de 1962, pour cumuler, comme à Alger, avant et après
le 18 mars.
Le 28 février dans la matinée, deux militaires du contingent appartenant au 3/24e régiment d’artillerie qui refusaient de remettre leurs armes
sont abattus ; l’un est tué et le second blessé. Le même jour dans
l’après-midi, une voiture piégée explose à l’intersection des boulevards
Paul-Doumer et Andrieux, en Ville nouvelle. Le « résultat », c’est un
spectacle d’horreur qui finit — on a honte de l’écrire — par être banal
dans l’Algérie en guerre depuis plus de sept années. Trente musulmans
sont tués, cinquante autres blessés, qui demandent à n’être pas dirigés
vers les hôpitaux européens par crainte d’y être achevés. La colère
gronde dans les quartiers musulmans, des rassemblements importants
inquiètent le commandement qui obtient des dirigeants FLN qu’il fasse
encadrer la manifestation monstre qui s’annonce. L’accord est respecté,
mais Katz et ses collaborateurs prennent des mesures supplémentaires
d’interposition pour éviter que les quelque cinquante mille musulmans
surchauffés ne se déversent sur les quartiers européens et ne commettent des représailles dont on imagine l’ampleur... Travail dramatiquement ingrat que celui des responsables de ce qui reste de l’ordre dans
une cité où chaque jour tombent les victimes des deux camps antagonistes ! Le 1er mars, ce sont des tueurs du FLN qui massacreront dans des
conditions que nous avons relatées (p. 356) la femme du concierge de
Mers el-Kébir et ses deux petits enfants.
L’approche du cessez-le-feu, désormais considéré comme inévitable,
échauffe les esprits, tout comme à Alger où, le 5 mars, la violence s’est
déchaînée contre les magasins appartenant à des musulmans. Ce même
jour, un commando en tenue militaire de l’OAS, dont ce n’est pas le
premier exploit dans le genre, investit la maison d’arrêt d Oran, prend
en filature une fourgonnette de service qui en était sortie et oblige, sous
la menace d’une arme, le chauffeur à les introduire à l’intérieur. Là, le
commando reçoit un renfort de plusieurs dizaines d hommes roulant en
Jeeps et accompagnés de deux camions Dodge remplis de gaz butane,
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